Les centres-villes britanniques se meurent, mais pas les librairies

Antoine Oury - 12.04.2019

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La résilience est au programme des librairies britanniques. Une étude de l'institut PwC consacrée au tissu commercial des centres-villes britanniques révèle en effet que les librairies font partie des rares commerces à avoir connu plus d'ouvertures que de fermetures, en 2018. Une tendance à l'ouverture déjà signalée par la Booksellers Association, qui ne lève cependant pas toutes les inquiétudes.

Foire du Livre de Londres 2019
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


La situation n'est pas des plus brillantes dans les centres-villes du Royaume-Uni : l'étude annuelle de PwC annonce une année noire, avec le plus important volume de fermetures de commerces. Un delta de 2400 apparait en effet entre le relevé des ouvertures (3372 en 2018) et celui des fermetures (5853 sur la même période). Statistique des plus inquiétantes, 16 magasins ont fermé leurs portes chaque jour, en moyenne, en 2018.

Les explications à cette hécatombe ne sont pas surprenantes : hausse des loyers, changement des habitudes des consommateurs, qui se tournent plus volontiers vers internet, mais aussi une baisse générale des dépenses viennent nourrir cette tendance morose. Sans surprise, le volume des fermetures est le plus important dans le Grand Londres, où les frais d'installation sont les plus élevés et les habitudes d'achat en ligne plus ancrées.

« Dans des domaines aussi variés que l'habillement ou la finance, de nouveaux entrants ont tout intérêt à se lancer en ligne, grâce aux technologies et à l'adoption du e-commerce et des achats sur smartphone, plutôt que de se risquer à faire face aux difficultés et aux coûts liés aux centres-villes », estime Lisa Hooker, chargée des études consommateurs à PwC. 
 

Une floraison de librairies


Un des motifs de réjouissances de cette étude se retrouve du côté des librairies, avec un bilan positif pour l'année 2018 : 42 ouvertures contre 24 fermetures seulement, cela fait plaisir, même si l'équilibre reste précaire. Les librairies sont ainsi la deuxième catégorie de commerces à avoir connu un delta positif, juste derrière les salles de sport.

Si la Booksellers Association, qui représente les libraires britanniques, se réjouit de la tendance positive, Meryl Halls, directrice de l'association, souligne que « les libraires ne peuvent pas sauver le centre-ville à eux seuls ». En effet, la disparition de la diversité des commerces menace, bien entendu, l'ensemble des commerces : les consommateurs risquent de se détourner de cet environnement pour leurs achats.
 
« Nous devons travailler avec nos partenaires pour assurer la survie et la prospérité de nos centres-villes. Le gouvernement doit reconnaître le rôle très important joué par le centre-ville dans la culture et l’économie du Royaume-Uni et agir pour le soutenir, à la fois en réformant les taxes commerciales, qui favorisent pour l'instant le commerce en ligne et en dehors des agglomérations », explique-t-elle à The Bookseller.

En 2018, l'association professionnelle avait signalé une hausse de ses adhérents, avec 15 nouvelles librairies indépendantes admises dans ses rangs, pour former un total de 883 membres.

 


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