Pays-Bas : ambiance toujours brûlante entre les chercheurs et Elsevier

Antoine Oury - 06.07.2015

Edition - International - Pays-Bas - Elsevier - chercheurs


Les chercheurs des Pays-Bas ont entamé en novembre 2014 un boycott général du groupe néerlando-britannique Elsevier. L'absence d'engagement de l'éditeur en faveur de l'open access, dès lors qu'il s'agit d'études financées par des fonds publics, a passablement agacé l'association des universités, la VSNU. Pour ne pas arranger les affaires d'Elsevier, la plupart de ses concurrents ont conclu des accords avec les chercheurs.

 

Elsevier Ice Sculpture

Ça risque de fondre... (Jeffrey Beall, CC BY-SA 2.0)

 

 

Elsevier, le géant de la publication scientifique, va-t-il courber l'échine face aux chercheurs néerlandais ? En tout cas, ces derniers semblent déterminés : les négociations avec Elsevier ont échoué, en se heurtant à la question de l'open access. Le litige est connu : les chercheurs payent des revues scientifiques pour qu'elles valident et publient leur thèse, et leurs confrères payent de nouveau pour accéder aux fameux articles.

 

Or, dans le cadre d'une étude financée par de l'argent public, la question se pose : dans des contextes financièrement difficiles, pourquoi payer deux fois un éditeur, quand le contrôle des articles scientifiques est réalisé par d'autres chercheurs ? Le gouvernement néerlandais se pose aussi la question, et a apporté dès le début du boycott son soutien explicite aux chercheurs. Et l'objectif est clair : dans 10 ans, toutes les publications financées par de l'argent public devront être accessibles gratuitement.

 

La VSNU avait prévenu, et met ses menaces à exécution : elle demande à tous les chercheurs membres de comités de relecture de démissionner, tandis qu'au 1er janvier, les abonnements à près de 2000 titres de l'éditeur ne seront pas renouvelés.

 

Parallèlement au conflit avec Elsevier, les groupes Springer, Wiley, et récemment l'Américain SAGE, ont conclu des accords satisfaisants avec les universités, ce qui dessert un peu plus la cause d'Elsevier...

 

(via Bits & Chips, C2W)