Les Chinois délaissent les lecteurs ebook : trop chers

Clément Solym - 16.09.2010

Edition - Société - marche - livre - numerique


La Chine, définitivement l'un des marchés les plus attractifs, tant par les évolutions sociales que connaît le pays, que par l'attrait des consommateurs pour les ouvrages numériques.

Les entrepreneurs qui ont cherché à percer dans le secteur matériel sont contraints de l'admettre : le lecteur ebook n'a pas autant d'adeptes que prévu. Face à la disponibilité de l'iPad, Zhang Li, qui a ouvert sa société à Beijing comprend les enjeux réels. Là où elle vend 10 lecteurs par mois, son concurrent qui propose des iPad, en écoule trois à quatre par jour.

Question de prix, avant tout

La faute à un marché où le lecteur ebook n'a pas vraiment de place fixe : les consommateurs préfèrent largement des outils offrant de meilleures performances, et qui ne sont pas monotache. Et les tarifs relativement élevés des Readers ont maintenu à distance les clients potentiels, qui se rabattent sur la tablette d'Apple.


À titre de comparaison, l'iPad 16 Go est vendu 3988 yuan et le 32 Go, 5588 yuan [456 € et 638 €], quant on trouve des lecteurs ebook entre 1000 et 4000 yuan [entre 114 € et 460 €]. Trop cher. Et personne ne sera décidé à passer ce cap tant que les machines ne seront pas passées sous la barre des 500 yuan. L'offre est bien plus large et bien plus séduisante, économiquement et technologiquement, du côté des tablettes.

Le décollage improbable

Au niveau mondial, les ventes de lecteurs ebook n'ont connu de réel essor qu'à la sortie du Kindle, en 2007. Avant cela, personne n'aurait donné un denier sur la réussite des lecteurs ebook. Et pour autant, les fabricants ne désespèrent pas de pouvoir pénétrer le marché, à l'instar de Sony, qui aimerait bien fournir en Readers la population du pays - 1,3 milliard de consommateurs potentiels, ça aide.

Ce n'est pas faute d'avoir investi dans la publicité, comme Hanvon a pu le faire, mais sans parvenir à convaincre les clients. Et ceux qui ont investi voilà quelques mois n'utilisent aujourd'hui plus leur appareil : un iPhone suffit, voire un netbook. Alors que dire d'une tablette... Reste surtout le problème de l'image : la lecture avec un iPad fait peut-être rêver, en rendant l'activité moderne et glamour, mais le lecteur ebook est toujours assimilé à un gadget.

Droit et ayants droit

Pour une fois, cependant, ce n'est pas le manque d'offre qui freine le marché. Hanvon, qui proposera 200.000 titres sur sa plateforme de vente en est l'exemple. Mais pour ce faire, il a dû céder 80 % du prix de vente aux ayants droit. Une autre solution ?