Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les contestataires invitent à un nouvel examen du Library Plan

Julien Helmlinger - 02.07.2013

Edition - Bibliothèques - New York - Bibliothèque - Central Library Plan


Suite à la dernière audition publique qui se tenait ce 28 juin, le « Central Library Plan » se trouve toujours dans le collimateur des militants qui estiment que la rénovation risque de nuire à l'accessibilité aux ressources archivées. Tandis que le projet vise à revendre des bâtiments, dont les activités seraient transférées dans les locaux prochainement remis à neuf de la 5e avenue, impliquant plus d'espace pour les bureaux au détriment de la recherche, les critiques déplorent que des millions de livres soient déplacés vers d'autres lieux.

 

 

Nouhailler, CC BY-SA 2.0 

 

 

Tandis qu'au cours du mois de mai, 750 écrivains, universitaires et bibliothécaires s'étaient insurgés via une pétition, les arguments invoqués par les meneurs du plan peinent toujours à convaincre. Au cours de l'audition parlementaire de jeudi dernier, destinée à éclaircir les zones d'ombre du projet, non moins de 50 intervenants se seraient exprimés. Parmi eux le biographe présidentiel Edmund Morris, qui soutient qu'en raison de la rénovation il ne laisserait pas ses archives à l'institution.

 

L'écrivain américain a déclaré : « Un référentiel d'exception va maintenant être transformé en un lieu de rencontre populiste, et voir son ancien espace d'étagères farci avec de plus en plus de miles de câbles d'ordinateur. [...] Mais ceux d'entre nous, au courant de ce qui s'est passé à la civilisation après que la grande bibliothèque d'Alexandrie ait brûlé ne peuvent penser sans une certaine appréhension à ce que le Central Library Plan va faire pour la mémoire historique de New York. »

 

Une critique qui s'ajoute à celles autres déjà formulées précédemment, comme celle notamment de Malcolm Gladwell et portant sur la négligence des branches locales ou encore l'appauvrissement de la bibliothèque. L'homme ayant ajouté : « Les bibliothèques sont aussi des refuges pour les personnes qui ne sont pas issues de milieux privilégiés, qui n'ont pas accès aux livres et ne bénéficient pas d'espace au calme pour travailler. »

 

Pendant ce temps, à contresens des revendications de ces chercheurs et écrivains attachés aux piles de papier, la ville de San Antonio, au Texas, projette d'ouvrir d'ici l'automne une nouvelle bibliothèque... sans livres. Juste avec des ordinateurs et autres lecteurs numériques que les usagers pourront emprunter. Reste à voir si cette voie augure celle des bibliothèques du futur, ou s'il ne s'agira que d'une expérience malheureuse.