Les coups de cœur et les regrets des éditeurs britanniques

Clément Solym - 26.12.2012

Edition - Les maisons - Editeurs britanniques - Zadie Smith - Fifty Shades


A l'approche de la nouvelle année, il est convenu de faire des papiers pour récapituler celle qui vient de s'écouler. Le Guardian a ouvert ses colonnes aux éditeurs britanniques pour qu'ils nous fassent part de leur point de vue sur 2012. On y découvre notamment quels livres ils auraient aimé publier. Petit tour d'horizon.

 

 

Zadie Smith 3 NBCC 2011 Shankbone

Zadie Smith,

david_shankbone, CC BY 2.0

 

 

Chaque acteur de l'édition a dû dire quel était l'ouvrage qui l'avait le plus marqué, celui qui aurait mérité davantage de succès et donc celui qu'il aurait aimé publier. Les réponses ne diront pas grand chose à ceux d'entre vous qui ne suivent pas de près l'activité éditoriale outre-Manche. En tout cas, ils ne sont pas légion à regretter de ne pas avoir pu publier Fifty Shades. Hypocrise ou amour de la grande littérature ?

 

Il n'y a que Jamie Byng de Canongate qui a avoué que pour des raison purement financières, il n'aurait pas craché sur la trilogie soft porn signée EL James. Mais il précise que question qualité il aurait choisi Leaving the Atocha Station de Ben Lerner.

 

S'il y a un livre qui ressort de cette consultation c'est celui de Zadie Smith, NW. Il s'agit du quatrième roman de cet auteur bien connu et dont les œuvres ont toujours été très bien reçues de la part de la critique. Beaucoup considèrent que Zadie Smith est l'un des meilleurs écrivains de la jeune génération britannique. Ce roman dresse le portrait de la ville de Londres, à travers le destin de quatre de ses habitants. Il est publié chez Hamish Hamilton.

 

On trouve aussi d'autres noms connus comme John Banville avec Ancient Light (publié chez Viking) ou encore Hilary Mantel qui a remporté cette année son second Booker Prize  avec Bring up the Bodies (Fourth Estate). (voir notre actualitté)

 

Il serait amusant de faire le même test avec les éditeurs français et francophones. Il y a fort à parier que certains doivent regretter de ne pas avoir pu mettre la main sur le roman de Joël Dicker, La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, publié aux éditions de Fallois/L'Âge d'Homme. De son côté Lattès doit se frotter les mains avec Cinquante nuances de Grey qui a largement trouvé son public chez nous. Enfin, peut-être que les Editions de Minuit sont embêtées de ne plus avoir Patrick Deville au catalogue : Peste & Choléra aura fait connaître l'auteur du grand public.

 

Mais rien ne sert de se lamenter : la vie littéraire reprendra de plus belle dès le mois de janvier avec une seconde rentrée littéraire. Et ensuite tout le monde devra se préparer pour une nouvelle course aux prix au mois de septembre. Comme quoi même si les mots restent, le monde de l'édition lui ne voit pas le temps passer.