Les députés versent 600 000 € de leur réserve pour le livre et la lecture

Nicolas Gary - 28.02.2017

Edition - Société - réserve assemblée nationale - députés dotations collectivités - caisse noire députés


La réserve de l’Assemblée nationale, représentant 81,6 millions €, pour l’année 2016, a été reversée par les députés. Sur l’ensemble des sommes données, 52 % sont allés à des associations et 48 % à des collectivités. Les investissements sont très variés, et plusieurs d’entre eux concernent le livre et la lecture.

 

Visite de l'Assemblée nationale

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Au global, les députés ont donc apporté plus de 600.000 € à la lecture et l’édition, répartis à travers différents postes de financement. Ce sont 606.213 € que nous avons pu identifier précisément, soit 0,74 % de l’ensemble de la cagnotte de 81,6 millions €. Rappelons que la Loi de Finances avait voté 90 millions € – le delta a été reversé au budget de l’État.

 

En moyenne, les députés disposent de 130.000 € à reverser, dont la répartition est laissée à sa discrète appréciation. 140 k€ reviennent aux membres du Bureau de l’Assemblée, et le président dispose de 520 k€.

Pour arriver à ce montant, nous n’avons cependant retenu que les opérations strictement liées à l’édition, la lecture ou le financement de bibliothèques – que ce soit en aménagement, travaux, déplacements ou achats de logiciels.

 

Dans le détail :

• Les écologistes ont abondé à la hauteur de 19.700 € (8 députés)

• Les Républicains : plus de 260.000 € (40 députés)

• Socialistes : plus de 217.000 € (46 députés)

• Union des Démocrates et Indépendants : 24.802 € (10 députés)

• Radical, républicains, démocrate et progressistes : 29.000 € (4 députés)

 

Parmi les plus généreuses dotations, celle de Jacques Kossowski (LR) à Courbevoie, d’une cagnotte de 106.763 € pour « la réinformatisation des bibliothèques » ou encore celle de la Présidence de l’Assemblée nationale qui a accordé pour son bon fonctionnement 50.000 € à l’organisation Bibliothèques Sans Frontières.

 

Cette dernière est probablement la mieux lotie, puisqu’elle percevra également 20.000 € de Jean-Marc Germain (Socialiste), pour l’achat de matériel informatique.

 

Notons également l’implication de l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui octroie 5000 € à la manifestation Le Livre à Metz ou encore le député-maire de Meaux, Jean-François Copé, qui attribue 2000 € à la Bibliothèque sonore de la ville.

 

Édition, lecture, salons et bibliothèques soutenus

 

Pour les répartitions, les dons apportés à l’édition de livre les députés ont apporté 19.000 € à divers projets – l’aide à la parution d’un livre en faveur de la lutte contre les addictions (Nicole Ameline, LR) ou la publication d’un cahier de bord de projet Échange Citoyen France Togo (Isabelle Attard, Écologiste).

 

21.500 € ont été abondés pour diverses manifestations littéraires, salons et festivals (BD, jeunesse ou jeunesse). Les soutiens à lecture, pour des Centres de ressources, des clubs, etc., s’élèvent à près de 17.000 €. Et à peu de choses près, l’ensemble des sommes restantes ira à des bibliothèques, que ce soit pour l’achat de mobilier, des déménagements de locaux, des créations de lieux ou plus généralement le fonctionnement même des structures.

 

Soulignons à ce titre les 20.000 € attribués par Sylviane Alaux, pour l’aménagement d’une bibliothèque au rez-de-chaussée de la Maison Etchegaray (Espelette).

 

Notons également que François de Mazières, déjà annoncé comme le futur ministre de la Culture si François Fillon venait à remporter les élections présidentielles, n’a pas vraiment axé ses donations sur la culture – à l’exception des 10.000 € significatifs apportés à l’Académie internationale des Arts du Spectacle.

 

C’est à lui que l’on doit notamment cette sortie fulgurante, en commission : « C’est important de voir que là, nous n’avons eu l’occasion d’écouter que des auteurs, et vous savez en plus qu’ils ne sont pas organisés de façon très claire, et jamais [nous n’avons entendu] les professionnels. » Les auteurs n’étant pas, comme on le sait, des professionnels...

 

Au contraire de Frédéric Lefebvre, grand lecteur de Zadig et Voltaire, qui a crédité l’Alliance française de près de 10.000 €, incluant la section de Chicago.