Les détenus britanniques peuvent stocker plus de livres dans leur cellule

Antoine Oury - 08.11.2014

Edition - Justice - détenus britanniques - prison Royaume-Uni - Books for Prisoners campaign


C'est une petite victoire, pour les partisans de la campagne Books for Prisoners : au Royaume-Uni, plusieurs écrivains se sont mobilisés en invitant le gouvernement à revoir sa politique en matière d'accès à la lecture pour les détenus. Depuis le mois de mars, l'envoi de livres aux détenus est interdit, mais ces derniers pourront à présent conserver plus de livres dans leur cellule.

 


Jail

(826 PARANORMAL, CC BY 2.0)

 

 

Une mise à jour « urgente » des règles de détention a été envoyée aux directeurs des établissements pénitenciers, rapporte The Bookseller, avec pour effet de ne plus limiter le nombre de livres conservés par les détenus dans leur cellule. Jusqu'à présent, un maximum de 12 livres était accepté, pour chaque détenu, mais ce nombre est désormais étendu, dans la limite du nombre d'effets personnels.

 

« C'est une victoire notable pour notre mobilisation. Il est encourageant de voir que le gouvernement a enfin reconnu l'importance des livres dans le processus de réinsertion », souligne Frances Crook, directrice exécutive de la Howard League, un des piliers de la campagne Books for Prisoners.

 

Mais chacun s'attache à rappeler le point principal de leur combat : lever l'interdiction d'envoi des livres aux prisonniers. En mars dernier, le Secrétaire d'État à la Justice Chris Grayling avait décrété la fin de la « justice douce », et banni les livres des prisons britanniques, du moins ceux qui étaient envoyés par les familles ou proches des détenus.

 

L'interdiction est justifiée par la lutte contre l'entrée de produits illégaux au sein des prisons et maisons d'arrêt, comme la drogue ou les armes. Depuis l'entrée en vigueur de cette mesure, de nombreux écrivains ont fait part de leur indignation : les bibliothèques des centres pénitentiaires sont généralement dépourvues de publications modernes, et l'accès aux livres est encore limité.

 

En début de semaine, une nouvelle lettre, signée par des auteurs, dont Kazuo Ishiguro, Jacqueline Wilson, Sarah Waters, Salman Rushdie et Julian Barnes, a été envoyée au président du comité spécial à la Justice, Sir Alan Beith, afin de l'inviter à fournir un avis négatif sur cette mesure restrictive. La précédente lettre avait été envoyée au Premier ministre David Cameron, qui n'avait pas donné suite à la demande de rendez-vous, soutenant son Secrétaire d'État dans sa décision.