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Les deux tiers des librairies francophones du monde fermées

Nicolas Gary - 01.04.2020

Edition - Librairies - librairies francophones - fermeture coronavirus - chiffre affaires chomage


Avec plus de 300 membres à travers le monde, l’Association internationale des librairies francophones effectue des mises au point régulières de la situation. La pandémie, la fermeture des établissements, les politiques instaurées selon les pays : chacun fait face à des problématiques différentes. Depuis quelques semaines, l’AILF permet de s’informer sur l’évolution sur les différents territoires. 

Librairie Parenthèses (Hong Kong)
Librairie Parenthèses, à Hong Kong - ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Voilà quelques jours encore, les libraires du réseau étaient confrontés à une désorganisation déroutante, affectant les commandes de même que le circuit d’approvisionnement. En ce 31 mars, la sanction est lourde : plus des deux tiers des librairies francophones sont fermées, dans 29 pays. 
 

La fermeture, indispensable, et redoutée


« Les raisons invoquées sont multiples : recommandations du gouvernement, frontières fermées, commandes bloquées à la frontière, impossibilité de se rendre sur le lieu de travail et d’envoyer des commandes, interruption de la chaine d’approvisionnement en France, simple mesure de précaution ou tout simplement respect pour l’ensemble des acteurs de la chaine du livre et les lecteurs pour ne pas les mettre en danger », analyse l’AILF dans un document établissant l’état des lieux.

D’autant qu’en plus de la crise sanitaire, c’est la peur de l’après qui commence à poindre. Plus encore : à la conjoncture s’ajoutent les problématiques structurelles bien connues, comme « délais de livraison importants, et donc concurrence redoutable de la vente en ligne, absence de faculté de retours et d’usages commerciaux unifiés avec les fournisseurs, absence de dispositifs spécifiques au secteur culturel local ».

La perte de chiffre d’affaires, qui sévit en France, se trouve amplifiée, et les libraires francophones souffrent également de l’absence quasi généralisée d’aides locales — que ce soit en termes de protection sociale ou de chômage partiel. Le maintien des charges pèse lourd, et les services de livraison déployés ne pallient qu’à grand-peine la perte d’activité.

Cela, sans compter « les troubles politiques qui ont fortement impacté, ces derniers mois, l’activité des librairies au Chili, à Hong Kong, au Liban, en Algérie, en Afrique sahélienne », pointe l’AILF. 
 

Tunisie, Chili, Chine...


En Tunisie, témoigne ainsi Al Kitab, « il nous est absolument interdit de nous déplacer et de travailler autrement qu’à distance. Les autorités ont établi une liste de produits de première nécessité parmi lesquels les livres ne font pas partie, et nous respectons ce choix. Ceux qui n’appliquent pas et continuent à faire des livraisons pour des produits ne figurant pas sur cette liste encourent de graves sanctions ».

Au Chili, le gouvernement a demandé le confinement le 26 mars : le lendemain, les librairies étaient fermées. À Santiago, Le Comptoir pense disposer d’une trésorerie de deux mois. Mais le chômage n’existe pas, ce sera donc un licenciement pur et simple pour les salariés passée cette période. 

En Chine, L’arbre voyageur, ouvert à Shanghaï, fut l’une des toutes premières librairies francophones fermées pour cause de Covid-19, depuis la mi-janvier. Yohan Radomski, son directeur, a annoncé l’ouverture tout récemment d’un service de vente à distance, mais ne pouvant porter que sur les livres en stock. 

Au 31 mars, indique-t-il : « Je suis rentré à Shanghai le 18 mars, et je suis en confinement total chez moi. Je finis les deux semaines demain. Je suis revenu en France mi-janvier à l’occasion du Nouvel An chinois et je suis resté, bloqué par le manque d’avion. La librairie est fermée depuis cette date, ainsi que l’Institut français de Pékin, dont nous dépendons, et qui commence juste à accueillir le personnel en présentiel, mais pas encore le public. Ici en Chine, la vie reprend son cours. » Quelques exemples parmi d'autres...
 

Un besoin d'aide essentiel


Si les reports d’échéance sont actés par les distributeurs pour les confrères de l’Hexagone, l’association demande que ces derniers « tiennent compte des particularités du grand export citées plus haut. De même, la Centrale de l’édition, qui a déjà négocié des reports de garantie, reste vigilante avec nous pour suivre des situations qui ne se ressemblent pas toutes ». 

Des propositions exposées au Centre national du Livre pourraient être intégrées dans le plan d’urgence en cours d’élaboration. « Aujourd’hui, beaucoup de librairies déploient leurs efforts pour maintenir le contact avec leurs clients, développant des services à distance, proposant des podcasts, des coups de cœur sous forme de texte ou vidéos en ligne. Ils interpellent aussi les éditeurs sur la possibilité de vendre des livres numériques. »

On peut retrouver le point d’étape du 31 mars à cette adresse. « Mais plus le temps passe, plus les frais sont conséquents et les libraires aux abois », conclut l’AILF.
 
 

Retrouver toute l’actualité de la librairie francophone dans le monde




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