Les DRM, malédiction inévitable pour les ebooks ?

Clément Solym - 18.08.2008

Edition - Société - DRM - ebooks - editeur


Il est certain que l'industrie du livre se heurte à l'exploration du numérique et rencontre les mêmes problèmes que ceux qui se posèrent au monde de la musique voilà quelques années. Et le dénominateur commun tient en trois lettres : DRM. Ou Digital Rights Management. Ces verrous de protection permettent d'empêcher le partage des fichiers ou de limiter le nombre de lectures, voire de lier un fichier à un appareil... Et sans cette mesure de protection, les éditeurs redoutent que le partage abusif ne mette leur entreprise en péril. Ils oublient peut-être de craindre que cela rebute radicalement le consommateur.

Offre attrayante de confiance, contre verrou de sécurité

Dans son rapport sur le livre numérique, Bruno Patino affirme pourtant que la confiance et une offre « loyale » seraient bien plus attrayantes pour le consommateur, mais surtout plus profitables pour l'éditeur.

Mais on découvre depuis quelque temps ce qui est appelé DRM social, nouvelle forme de verrouillage. Le DRM se compose en effet de deux volets : l'un est un élément technique qui identifie le client, l'autre est un aspect social qui personnalise le média ainsi acheté.

Le premier, concernant les ebooks, permettrait alors de retracer le parcours du fichier acheté, et de remonter jusqu'à la source qui a partagé le livre. Une sorte de filigrane numérique, qui, même s'il ne resistera pas à des attaques rondement menées, devrait assurer une certaine maîtrise, dans un premier temps en tout cas.

Personnaliser les DRM ?

Mais le problème qui intervient dans ce cas est la relation de confiance établie entre l'acheteur et l'éditeur. Car si l'aspect technique est effectivement problématique, reste que le côté social prime : c'est sur lui que repose toute la relation. Il est fondamental, pour éviter les erreurs du passé, d'avertir le client que son fichier dispose d'un verrou technique. Sony en avait payé les pots cassés voilà quelques années pour des CD contenant des rootkits.

Mais pour que la pilule passe mieux, il faudrait alors que le DRM soit personnalisé, et qu'il évoque moi pour le consommateur les barreaux d'une prison, qu'une forme de personnalisation. Évoquons dès lors la possibilité d'un avatar ou tout autre moyen qui donnerait à l'ebook un côté plus personnel. On pourrait tout aussi bien envisager une carte d'identité qui servirait à rendre l'ebook vraiment original, et engendrerait alors un phénomène de collection, un peu à la manière d'un livre que l'on achète chez un bouquiniste en sachant qu'il a appartenu à tel ou tel auteur.

Reste que sans DRM, c'est toujours mieux. Mais si on n'a pas le choix, autant proposer des solutions un tant soit peu attrayantes...