Les droits fondamentaux de l'auteur version canadienne

Clément Solym - 23.09.2011

Edition - Justice - charte - canada - union


La Writer's Union of Canada vient de publier une liste de douze points qu'elle juge à son avantage et qu'elle aimerait bien voir imposée à ses partenaires, éditeurs et lecteurs compris. Essentiellement, les auteurs canadiens aimeraient bien avoir le plus de contrôle possible sur la diffusion de leurs œuvres et en retirer le meilleur bénéfice possible.

 

Pour le syndicat des écrivains du Canada, cela passe par une législation sur le droit de copie la plus rigide possible, avec un minimum d'exceptions aux droits d'auteur, ainsi que par le partage des revenus des ventes d'ebooks à égalité avec leur éditeur.
 


La salle de lecture de Hasenclever


De plus, il faudrait leur laisser le droit de renoncer à leur contrat et de refuser toute diffusion supplémentaire subito, tout en leur laissant une copie de l'édition numérique pour qu'ils puissent la rediffuser eux-mêmes.


Les écrivains doivent contrôler eux-mêmes le degré de rareté de leurs livres

Afin d'augmenter artificiellement la rareté et de changer facilement d'éditeurs, les auteurs proposent aussi de remplacer grâce à d'indispensables menottes numériques le traditionnel « épuisé » par un quota de vente.

Les éditeurs ne devraient pas pouvoir faire indéfiniment du profit sur leurs œuvres, et ils devraient pouvoir changer d'éditeurs comme ils veulent dans le cas d'éditions numériques aussi, que ce soit par des restrictions par quotas, durées, ou montants de revenus.

 

Les institutions de prêt public des ebooks devraient payer plus cher la mise à disposition d'œuvres numériques, outre que les bibliothèques ne devraient acquérir des exemplaires numériques que via les ayants-droits ou leurs sociétés de gestion. Ceci bien sûr afin de faciliter la mise à disposition du public de leurs œuvres gratuitement ou presque (notre actualitté).

 

Enfin les vendeurs devraient demander aux auteurs quelle quantité de leur œuvre peut être prélue, et toute la chaîne de production doit être verrouillée pour s'assurer que le public soit menotté pour lire donc obligé de payer.


Clarifier ses revendications pour mieux négocier ?

Cette charte apparaît, sans surprise, purement corporatiste. L'important est que l'auteur soit souverain du début à la fin. Rien d'étonnant donc à ce que les auteurs canadiens préconisent des mesures qui ne vont ni dans l'intérêt de leurs lecteurs, ni dans celui de leurs éditeurs, ni encore dans celui de leurs revendeurs.
 

 
 

À toutes fins utiles, nous rappelons les mots désormais célèbres de Victor Hugo, écrits à une époque où il était évident que les droits d'auteur étaient une invention purement artificielle, destinée à financer la création, mais qui devait s'équilibrer avec les droits du public. Bien sûr cette notion d'équilibre s'applique de manière générale à toutes les relations entre éditeurs, public, auteurs, revendeurs.

 

« Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.

Mais, je viens de le dire, ce sacrifice n'est pas nécessaire.


Ah ! la lumière ! la lumière toujours ! la lumière partout ! Le besoin de tout c'est la lumière. La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. »