Les ebooks sous contrat de mandat se vendent moins

Clément Solym - 28.02.2011

Edition - Economie - contrat - mandat - ebooks


Comment faire pour exprimer son désaccord vis-à-vis du contrat de mandat, par lequel un éditeur impose à un revendeur un prix de vente maximum sur les livres numériques ? Facile, quand on se nomme Amazon : on joue sur la peur de pertes financières.

La dernière sélection des meilleures ventes de livres numériques réalisée par le marchand montre que le cybervendeur n'est toujours pas d'accord avec ce type de contrat que les éditeurs tentent de lui imposer. Depuis la semaine passée, Amazon.com a déclaré que les poches se vendaient désormais moins bien que les ebooks, avec un rapport de 115 ebooks vendus pour 100 poches.

Dans le domaine du contrat de mandat, un porte-parole a récemment expliqué que parmi les meilleures ventes de l'année 2010, on ne trouve manifestement aucun livre qui soit soumis à ce régime contractuel. Et même, assure Russ Grandinetti, les ventes de certains ouvrages, comme ceux de James Patterson, qui ont subi une augmentation de 2 $, ont connu une baisse de vente de 48 % au cours des douze dernières semaines. (Via The Bookseller)

Pour le moment, le contrat de mandat ne s'est manifestement pas encore répercuté sur le marché britannique, mais ce type de contrat n'a pas été imposé sur le marché anglais que depuis le mois d'octobre. Pourtant selon lui, les ventes des ouvrages qui n'y sont pas soumis verront seules une augmentation de leurs ventes.

Rappelant que Hachette US, HarperCollins, Macmillan, Penguin et Simon & Schuster sont à l'origine de ce coup de force, qui se fait au détriment des clients. « En nous appuyant sur notre expérience en tant que libraires, ayant fixé des prix pour les consommateurs depuis des années, nous savons que ces augmentations ne vont pas seulement frustrer les lecteurs, mais également causer des pertes de ventes chez les libraires, les éditeurs et les auteurs. »

Cela dit, HarperCollins a trouvé seul un nouveau moyen de perdre des ventes, en mettant en place dans les bibliothèques une restriction qui impose à l'établissement de racheter un ebook, dès lors qu'il a été prêté plus de 26 fois. Pour se rapprocher de l'état d'usure d'un livre papier, qui au terme de ce nombre de prêts serait inutilisable...

Rappelons que le contrat de mandat est aussi au coeur de la loi sur le Prix Unique du Livre Numérique, puisque d'un côté, les vendeurs basés en France seront soumis à une loi, tandis que les vendeurs qui proposeront des ebooks aux acheteurs français, seront, eux, concernés par le contrat de mandat. Avec toutes les dérives commerciales que cela peut laisser envisager.