Les écrivains britanniques alertés de la numérisation par ReLIRE

Nicolas Gary - 19.04.2013

Edition - International - registre ReLIRE - numérisation - oeuvres traduites


La Société des Auteurs britanniques, désormais présidée par Philip Pullman, vient de diffuser un message à l'attention de ses membres, attirant l'attention sur le registre ReLIRE. Ce dernier s'inscrit dans le cadre de la loi sur la numérisation des oeuvres indisponibles du XXe siècle, promue en France et adoptée le 1er mars 2012.

 

 


Illustration Maester

 

 

Ce n'est plus un secret, cette législation est très loin de faire l'unanimité en France, que ce soit chez les auteurs ou les éditeurs. Récemment, nous avons même pu constater qu'un ouvrage publié aux éditions de l'Archipel, Caroline chérie, publié en version papier et numérique ce 17 avril, comptait parmi les ouvrages recensés. 

 

Or, dans un rapport parlementaire, il était clairement stipulé que les oeuvres traduites ne devaient pas être intégrées. « En pratique et d'après les informations recueillies par le rapporteur, il est prévu de ne pas inscrire dans un premier temps de traductions dans la base de données des livres indisponibles prévue par la présente proposition de loi et d'attendre la mise en place de systèmes de gestion similaires dans les pays d'origine des oeuvres traduites. »

 

Et pourtant, il a été assez facile de découvrir dans la liste des 50.000 premières oeuvres qui doivent passer sous les scanners, que des traductions - nombreuses - s'étaient glissées. 

 

En effet, le site GNBraun pointait la présence du livre De sang et d'encre, publié par Naturellement, en 1999. Sauf qu'entre temps, l'éditeur a fait faillite et que l'on se demande bien qui recevra les droits pour la vente du livre numérique. Mais, autre problème, le titre est signé par une belle brochette d'auteurs... anglo-saxons : Neil Gaiman, Chelsea Quinn Yarbro, Lawrence Schimel, Brian Stableford, Brian Lumley, Charles de Lint, S. P. Somtow, Brian Hodge, Nancy Kilpatrick, Nancy Holder, Kristine Kathryn Rusch, Freda Warrington, Bob Weinberg.

 

Pour ce recueil de 17 contes inédits de vampires, qui s'opposera à leur numérisation ? Et ce, alors que l'éditeur français n'est plus, que les auteurs américains ne sont sûrement pas avertis que leur oeuvre, en traduction, pourrait être exploitée sans que les droits numériques aient été achetés au préalable ? 

 

Auteurs, vos papiers !

 

Ainsi, la Society of Authors alerte que le site français « vise à donner accès à une liste de livres du XXe siècle, qui sont encore sous copyright, mais qui ne sont plus disponibles dans le commerce. Si les détenteurs de droits respectifs ne s'opposent pas à cela, leurs livres seront transférés à une société de gestion collective en septembre 2013, et pourront être remis en vente sous forme numérique ».

 

Si, sur le papier, cela semble déjà étrange, il faut comprendre que le commerce du livre numérique chez les Anglosaxons est bien plus avancé qu'en France. Et se retrouver dépossédé de droits, ou numérisé de force, risque de moins bien passer encore chez nos voisins britanniques que chez nous. Selon les données des cabinets Nielsen Bookscan et Kantar, montrent que 8,3 millions de personnes ont acheté un livre numérique entre janvier 2012 et 2013, avec une croissance de 104,1 % en regard de l'année 2011. En regard, le cabinet GfK estimait que le marché de l'ebook en France pesait 0,6 % des ventes totales de livres.

 

« La Society conseiller à ses membres de consulter le registre en cours sur le site ReLIRE, afin de vérifier qu'ils n'y sont pas répertoriés. Le site donne des détails sur ce qu'il faut faire si vous trouvez votre nom qui apparaît dans la liste et que vous souhaitez vous opposer au transfert de vos droits vers cette gestion collective. »

 

Et le pointer vers les liens qui permettent de demander le retrait de l'oeuvre, ou des oeuvres. Sauf que pour un auteur français, c'est déjà un parcours du combattant, et de grands noms comme Tatiana de Rosnay, nous ont déjà informés de leur intention de faire retirer les oeuvres de la base. Pour un auteur de langue anglaise, tout laisse à croire que la situation sera plus complexe encore...

 

« Se réveiller un matin, aller sur internet, voir un éditeur avec qui on a coupé les ponts depuis 30 ans faire de la pub pour votre livre, et apprendre qu'on ne peut rien y faire, c'est ce qui attend de nombreux auteurs de livres contemporains avec cette loi... Et on nous appelle des pirates ? » souligne Baptiste Marcel, secrétaire du Parti Pirate




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