Les écrivains latinos grands inconnus de l'Espagne

Clément Solym - 15.07.2010

Edition - Société - festival - latin - espagne


Cette semaine se tient à Gijon en Espagne la Semana Negra, festival du polar et d’autres genres « mineurs ». Occasion pour les écrivains d’Amérique latine de se retrouver chaque année en compagnie de son organisateur, auteur mexicain.

Une localité pas choisie au hasard, puisque l’Espagne édite l’autre littérature hispanophone mais en faible quantité. Une situation qui laisse perplexe l’écrivain mexicain de renom et organisateur du festival, Paco Ignacio Taibo II. « ll suffit d'aller dans une librairie à Madrid, Barcelone ou ailleurs et demander un de mes romans, vous ne le trouverez pas. En France, ils sont tous en rayons », déplore-t-il.


Pire encore, l’auteur mexicain confiait au Monde qu’il vendait plus de livres en Grèce que dans son pays d’origine, l’Espagne. Loin d’être sporadique, ce phénomène de dédain se retrouve dans le schéma opposé. Rares sont les sorties espagnoles à se voir publier dans les pays d’Amérique latine. « Une mentalité très provinciale » dépourvue de « politique sur le long terme », résumait l’organisateur. Une situation que le festival tente d’enrayer.

Lors de la Semana, chaque promotion d’auteur latino s’accompagne immanquablement d’une charge contre le système éditorial et d’une diffusion de livres, quoique limitée en comparaison de son volume national. Symbole ou vœux pieux d’une meilleure distribution d’ouvrages en espagnol, Taibo et le responsable du journal du festival ont remis deux prix spéciaux mercredi soir : un pour l’Espagnol Juan Ramon Biedma et l’autre au Mexicain Eduardo Monteverde.

S’ « ils n’ont qu’une valeur symbolique », a rappelé Monteverde, ils récompensent deux livres parmi les 300 candidatures.