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Les éditeurs américains écrivent à Trump : Joyeux Noël et bon Copyright

Clément Solym - 16.12.2016

Edition - International - Donald Trump copyright - éditeurs USA courrier - défense droit auteur


Le nouveau président américain, Donald Trump, a été accueilli par une lettre signée de l’Association des éditeurs. Leur principale demande porte sur la défense du droit d’auteur, au nom des 400 membres. Campée sur ses positions, l’AAP rappelle que la publication d’un livre reste le meilleur moyen de raconter une histoire. 

 

Donald Trump

Gage Skidmore, CC BY SA 2.0

 

 

Le courrier, reproduit en fin d’article, n’apporte pas grand-chose de neuf dans les revendications, mais permet au président Trump d’avoir un compte-rendu assez précis de la situation. « Certains auteurs choisissent de s’autopublier, mais l’approche plus traditionnelle d’un auteur faisant équipe avec un éditeur installé est toujours un moyen éprouvé et vrai », peut-on lire. 

 

Et de souligner par ailleurs que Donald et sa fille Ivanka ont fait paraître 18 ouvrages au cours des trente dernières années – preuve s’il en est que Mr. Président connaît la valeur du livre. 

 

Les éditeurs, assure l’AAP, « continuent d’investir dans des technologies et des modèles économiques novateurs pour soutenir la création et la diffusion d’oeuvres ». Mais pour y parvenir, seul le copyright renforcé peut leur garantir une viabilité. Et encore une fois, Mr. President est au courant : l’AAP souligne que les différentes sociétés de Donald Trump ont fait valoir devant les tribunaux l’exercice de leurs droits pour empêcher toute forme de contrefaçon. 

 

CO-PY-RIGH-TEU !

 

« Une protection et une application efficace du droit d’auteur sont également cruciales pour la capacité des éditeurs à être concurrentiels sur les marchés mondiaux », note l’AAP. Et puis, les éditeurs, ce sont les garanties d’un avenir pour les écrivains, pour les lecteurs, et l’alphabétisation sur l’ensemble du territoire. Et là encore, c’est le copyright qui garantit le modèle économique...

 

Car les menaces ne manquent pas : la Chine illustre en effet les défis globaux de l’entrée sur un marché global et des infractions qui pointent. La diffusion de versions numériques non autorisées est au coeur de la lutte de l’AAP dans la protection de ses membres. Et si l’on respecte les accords commerciaux internationaux, de « sérieux problèmes » existent. Tout particulièrement dans les bibliothèques et les hôpitaux chinois, où une organisation distribue des exemplaires numériques gratuits d’articles médicaux et scientifiques. Si, si...

 

Enfin, la question du Digital Millennium Copyright Act doit être une fois pour toutes réglée. Comprendre : mettre un terme aux discours qui brandissent des notions comme éducation, archivage ou bibliothèques, pour garantir la protection du droit d’auteur. Certaines dispositions du DMCA perturbent l’équilibre fragile qu’il faut respecter entre les éditeurs et des prestataires susceptibles de profiter de leurs oeuvres. Et donc verser dans la contrefaçon. 

 

« L’épidémie actuelle de contrefaçon sur internet nuit aux intérêts publics et privés [...] et les problèmes juridiques qui entravent le DMCA dans son fonctionnement doivent être résolus par les représentants de notre pays », dégaine l’AAP.

 

En somme, on se demande bien si une simple carte de voeux n’aurait pas suffi... Parce que Trump menace plus directement la liberté de publication, laisse craindre une manipulation et une utilisation des médias, et bien d’autres choses encore. Se préoccuper de la question chinoise pourrait s’avérer le cadet des soucis de toute l’édition américaine...