Les éditeurs de Salinger portent plainte contre ses héritiers

Clément Solym - 18.03.2015

Edition - International - JD Salinger héritiers droits - publication domaine public - Convention Berne auteurs


À Memphis, Tom Graves et Darrin Devault avait fondé la société The Devault-Graves Agency. Leur projet : republier des titres épuisés, sous la forme de livres numériques, avec un credo, « aucun bon livre ne mérite de tomber dans l'oubli ». Et Salinger fut l'un des auteurs à en bénéficier. 

 

 

 

 

 

En juillet, les deux hommes avaient étudié de près les questions juridiques liées aux premières histoires de Salinger, écrites avant Catcher in the Rye. En tout, 21 textes existaient, et parmi ce stock, trois histoires dont les éditeurs en herbe – ils n'avaient alors que 12 titres au catalogue – étaient convaincus de pouvoir obtenir les droits de publication. 

 

Étonnant, parce que l'on connaît l'emprise que Salinger a pu avoir sur son œuvre. En 1974, il avait déclenché une guerre contre la publication d'une collection qu'il n'avait pas autorisée expressément. Mais The Devault-Graves Agency jurait avoir fait le nécessaire pour respecter les volontés supposées, avec la publication des trois textes, Three Early Stories. 

 

Selon Publishers Weekly, l'éditeur indépendant n'en a pas fini avec les droits, puisqu'ils ont déposé, ce 16 mars, une plainte contre les héritiers de Salinger, au tribunal du Tennessee. Ils affirment que les ayants droit ont contrecarré les tentatives de publication de Three Early Stories – alors qu'elles étaient tombées dans le domaine public. 

 

Or, si la commercialisation aux États-Unis avait déjà été mouvementée, maintenant que l'éditeur tentait de les vendre à l'étranger, les héritiers s'interposaient farouchement.

 

Dans leur défense, les ayants droit affirment que, si les trois œuvres en question étaient bien entrées dans le domaine public aux USA, ce n'était pas le cas pour les différents pays. Une analyse viciée, assure Devault-Graves Agency : « La publication de Three Early Stories dans un pays hors des États-Unis, qui est signataire de la Convention de Berne, ne portera pas atteinte aux droits de propriété intellectuelle des héritiers. »

 

Salinger est décédé en 2010, et, selon l'éditeur, la législation des pays ne peut pas excéder la durée fixée dans le pays d'origine de l'œuvre. Si leurs trois textes commercialisés de Salinger sont bien entrés dans le domaine public, on ignore comment les deux parties arriveront à s'en sortir, sans un procès coûteux.

 

Ou alors un accord rondement mené ?