Les éditeurs et le marketing direct en 2012

Clément Solym - 27.02.2012

Edition - Les maisons - éditeurs - marketing - contact


Un sondage de Forrester Research pour Digital Book World révèle que la grande majorité des éditeurs sont prêts à choisir des stratégies marketing directement centrées sur le consommateur.

 

Le marketing direct vise à communiquer et à vendre directement ce qui l'intéresse au consommateur, dont les goûts sont connus et répertoriés dans des bases de données. Le marketing direct permet donc de diffuser un message personnalisé au consommateur, dans le but d'obtenir une réaction rapide de sa part. En gros, penser la publicité pour chacun d'entre nous pour mieux nous inciter à acheter.

 

Données sur les acheteurs

 

Selon ce sondage, environ deux tiers des éditeurs se disent prêts à investir plus massivement dans ce type de marketing en 2012, nécessitant l'utilisation de bases de données de consommateurs. Cela signifie un investissement. Pour acquérir une meilleure connaissance de sa clientèle, il faudra se procurer des informations adéquates sur ses habitudes d'achat. En effet, il apparaît que les éditeurs connaissent fort peu leur clientèle, qu'il s'agisse des termes de leur recherche sur leurs navigateurs, leurs habitudes d'achat ou de lecture.

 

 

James L. McQuivey, vice-président de Forrester Research, y voit une opportunité de rencontre entre les lecteurs et leurs éditeurs. « Les éditeurs peuvent voir dans le futur digital un pont qui peut potentiellement être construit entre eux et les clients », dit-il, avant de préciser la méthode à employer : « En sachant qui sont les lecteurs, ce qu'ils aiment et ce qu'ils rechercheront par la suite nécessite la construction d'une base d'information d'ordre démographique ». Le but : développer une connaissance plus approfondie du consommateur.

 

Soigner le contact

 

71 % des éditeurs interrogés disent être en accord avec l'affirmation suivante : « Afin de réussir, l'éditeur du futur doit avoir une base de données de clients individuels avec lesquels il peut être en relation et même contacter directement ». McQuivey note à ce titre que de nombreuses entreprises connaissent déjà mieux les lecteurs que certains éditeurs. Facebook est selon lui un bon exemple de cette connaissance approfondie du public concerné. L'avantage de Facebook, pour un éditeur, serait de voir se multiplier les références à son nom par le biais des usagers signalant sur leur compte (et donc à tous leurs contacts) qu'ils « aiment » telle ou telle maison.

 

Par exemple, les éditions Tonkam compteraient à ce titre plus de 3000 fans. Quand on parle de contact entre l'éditeur et sa clientèle, le moins que l'on puisse dire, c'est que les réseaux sociaux offrent, dans une certaine mesure, cette rencontre directe entre l'éditeur et le lecteur.

 

Et pour le sondeur, une base de données digne de ce nom n'est pas une simple liste d'emails. Mieux connaître sa clientèle passe par l'organisation rigoureuse d'une collecte d'informations, leur stockage et leur utilisation dans les meilleures conditions.

Et pour les éditeurs, quels résultats attendre de ce type de marketing ? « Une chose est sûre, c'est qu'ils vendront des livres qu'ils n'auraient pas vendus autrement ». Et sauver le secteur ? On n'en est pas encore là.