Les éditeurs font du Poste à Poste sur les tarifs des livres

Nicolas Gary - 21.05.2015

Edition - Economie - Poste livres - envois courrier - frais hausse


La Poste avait fait un coup pendable à l'édition : avec l'augmentation des frais appliquée en janvier 2015, éditeurs et libraires se retrouvaient coincés devant une hausse de leurs frais. Et pour cause : il n'est plus possible de passer par le tarif lettre si l'objet envoyé mesure plus de 3 cm d'épaisseur.

 

 

 

 

« Nous avons un problème qui mesure trois centimètres », nous affirmait un éditeur parisien, alors jovial, mais ennuyé. « La Poste nous a expliqué que désormais, c'est du Colissimo obligatoire – et donc le tarif qui va avec. » Dans le même temps, les libraires étaient donc aussi impactés : les avantages contractuels dont dispose Amazon rendent les frais postaux bien moindres... là où les librairies seraient plus facturées. 

 

La question n'est pourtant pas tombée de la dernière pluie : en octobre 2009, le Syndicat de la librairie française apportait sa contribution au rapport Gaymard. Il indiquait alors, noir sur blanc que « l'accès des libraires à Internet est entravé par le coût élevé du transport de livres du fait de l'absence, pour les envois en France, de tarif postal spécifique, contrairement à ce qui se pratique dans plusieurs autres pays européens ». 

 

Le revers de cette vilaine médaille était alors celui des frais de port offerts par certains opérateurs. Le SLF soulignait alors cette question, désormais réglée, certes maladroitement, mais au moins réglée. Reste alors la hausse de coûts d'envois. 

 

Une réunion entre le SNE et le ministère de la Culture est intervenue voici quelques mois, et voici que le Syndicat est par la suite allé à la rencontre des dirigeants du groupe La Poste. Est actuellement négociée une nouvelle proposition tarifaire, mais pour laquelle le SNE a besoin de données précises, pour sur « les volumes d'ouvrages qui rentreraient dans le cadre de ce nouveau tarif ».

 

Les éditeurs sont alors invités, rapidement, à communiquer « le nombre de services de presse envoyés annuellement par vos services ». Des éléments « indispensables », pour que les négociations aboutissent. 

 

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Un petit tableau Excel est alors à remplir – les données seront anonymisées – pour disposer des informations adaptées. Ce qu'il faut noter, c'est qu'il s'agit de documents déclaratifs, sans vérification : il suffira alors de diminuer les données des envois effectués par voie postale et augmenter celui des autres transports, pour obtenir un tarif préférentiel. Si le nombre d'envois est marginal, la Poste serait plus encline à accepter un tarif bas. En revanche, si les envois sont volumineux, l'opérateur serait certainement plus réticent à perdre du chiffre d'affaires, et de la marge...

 

Bien entendu, ce serait mal.