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Les éditeurs français, premiers pirates du livre numérique

- 15.03.2012

Edition - Les maisons - Pierre Lemaitre - éditeurs français - Piratage


Les éditeurs français, avec leur politique de prix élevé sur les livres numériques, seraient complices du piratage des ebooks, selon Pierre Lemaitre, ancien auteur de la maison Calmann-Lévy, s'exprimant dans Libération aujourd'hui.

 

Lecteurs, pirater, c'est trop cher

 

Dur est de constater que « les éditeurs français, dans leur majorité, ont décidé de boycotter le livre numérique » affirme-t-il, reprenant les mots de Calmann-Levy, éditeur du groupe Hachette. Un boycott expliqué par le fait que les éditeurs continuent de vendre des livres numériques à des prix deux fois plus élevés que les versions poches, et n'encouragent ainsi pas les ventes d'ebooks. Par exemple, Robe de marié, aujourd'hui proposé pour 6,50 € en format poche est disponible au téléchargement... à 12,99 €.

 

 

 

« Mesure punitive » incitant au piratage

 

Le maintien des prix élevé, « cette mesure punitive des éditeurs vis-à-vis du numérique est contre-productive » selon Pierre Lemaitre (via Libération). Il est donc tout à fait logique que les lecteurs se tournent vers des sites de piratages, tel Team Alexandriz, qui proposent une centaine d'ouvrages toute catégorie et maisons confondues depuis quelques années, devant l'indifférence totale de quasiment tous les éditeurs. 

 

Et les Français téléchargent beaucoup d'ebooks. Selon une étude GfK, 27 % des ouvrages lus en France sont téléchargés depuis des sites pirates, soit plus d'un Français sur quatre lit un ebook piraté. De quoi faire réfléchir, alors que ces chiffres sont à la hausse et que les sites de téléchargement illégal dédiés aux ebooks uniquement fleurissent sur le Net. 

 

Cependant, selon une étude du Motif, EbookZ, sur les livres piratés en France en 2011, 58 % des ouvrages les plus piratés le sont car ils ne disposent pas d'une offre numérique légale. Un autre point important pour développer le marché serait donc que les éditeurs augmentent leurs offres de versions numériques. Cela aiderait à lutter contre le piratage, bien que ce dernier ne diminue pas, alors que l'offre légale augmente depuis des années. Et le serpent se mord la queue sur la problématique concernant la fixation des prix de vente. 

 

Droits insuffisants pour les auteurs

 

Pour Lemaitre, les ventes d'ebook, pour les auteurs « c'est 0 % de droits. Le même résultat que le piratage », justifié par l'idée insensée que le papier représente toujours une large majorité des ventes par rapport au numérique (1 % des ventes seulement, le grand argument).

 

Et pourtant, les innovations technologiques vont à vitesse grand V et l'utilisation de lecteur ebooks et de tablettes à gigantesque V, elles qui favorisent la consommation de livres numériques. Et Pierre Lemaitre de revenir sur le « modèle d'Ancien Régime » adopté par les éditeurs alors que le marché est en pleine révolution numérique. L'auteur avait en effet expliqué son point de vue à ActuaLitté : « Les éditeurs qui s'arcboutent contre la version numérique répondent qu'aujourd'hui, cela ne représente que 1 % des ventes. Mais il y a eu un temps aussi où la voiture ne représentait qu'un pour cent des transports face au cheval de trait… La Révolution numérique est en route et ils continuent de vivre sous l'Ancien Régime. » 

 

« On sait comment ça finit », conclut-il. Caustique.