Les éditeurs italiens au ministre de la Culture : “Le livre est un bien essentiel”

Federica Malinverno - 30.10.2020

Edition - International - Italie éditeur Culture - livre bien essentiel - ministère Culture Italie


De la France à l’Italie, les préoccupations se ressemblent. Bien que plus cléments, les cieux du Bel Paese s’assombrissent. Suite aux nouvelles dispositions du décret du Président du Conseil des ministres annoncé le 25 octobre, la vente de livres a été interdite dans certains supermarchés le week-end dernier. Une mesure qui suscite une inquiétude croissante dans le monde de l’édition. Voici les réactions des protagonistes. 

Italie livres centre commercial
 

 

Le 25 octobre en Italie a été annoncé un nouveau DPCM (décret du Président du Conseil des ministres) qui établit de nouvelles règles pour la lutte contre le Covid-19. Les bars et restaurants, notamment, devront être fermés à partir de 18 heures et les cinémas, théâtres et salles de spectacle seront complètement fermés. Les week-ends, certaines régions ont décidé de fermer les centres commerciaux.
 

Un décret très controversé


En particulier, les professionnels de la filière du livre s’inquiètent de plus en plus pour les mois à venir (la période précédant Noël est, après tout, la plus importante pour le chiffre d’affaires des grandes et petites librairies). C’est pourquoi, par l’intermédiaire des associations professionnelles, ils ont demandé par un appel aux régions et au ministre de la Culture de continuer à considérer le livre comme un « bien nécessaire ». 
 

La vente de livres bloquée en supermarchés


Dans certains supermarchés ouverts aux clients et disposant d’un espace intérieur pour la vente de livres (il ne s’agit pas en fait de ceux des centres commerciaux), les clients du week-end dernier n’ont pas pu acheter de livres dans le rayon réservé. 

L’Association des éditeurs italiens a donc lancé un appel afin que la vente de livres ne soit pas interdite dans ces lieux : « Après la fermeture des librairies le week-end dans les centres commerciaux, de nombreuses régions se voient désormais interdire également la vente de livres dans les supermarchés et les grandes surfaces le samedi et le dimanche. […] Nous rappelons que le livre ne peut être considéré comme un simple objet de consommation dont l’achat peut être différé, mais doit être considéré comme un bien essentiel, comme le gouvernement l’avait déjà indiqué dans les décrets d’avril [2020]. Nous demandons aux régions d’intervenir immédiatement et d’autoriser la vente de livres le week-end. »
 

Éditeurs et libraires unis dans la contestation


À cette voix s’est également ajoutée celle de Sefano Mauri, président et directeur général de GeMS, le groupe éditorial Mauri Spagnol, un des plus importants du panorama éditorial italien : « Tous les marchés occidentaux [du livre] sont en croissance. C’est faire preuve de myopie que de forcer les magasins à bloquer l’accès aux rayons des livres, permettant aux gens d’acheter de la Chantilly en spray ou des boissons sucrées à la place. »

Aussi l’Association italienne des libraires (ALI) a levé sa voix, dans un communiqué : « Le Conseil demande au ministre Franceschini de veiller à ce que, à la lumière du travail accompli ces derniers mois, les librairies ne soient pas fermées ou pénalisées dans leur fonctionnement quotidien et que tous les lieux de culture rouvrent le plus rapidement possible, parce que l’Italie est culture et ce n’est qu’avec la culture que le pays peut repartir à zéro. »
 

Bientôt une nouvelle loi pour protéger la filière 


Le ministre a rappelé que « les librairies ont été parmi les premières à être rouvertes après la fermeture pendant la première vague de l’épidémie au printemps dernier, précisément parce que le gouvernement reconnaît leur valeur culturelle et sociale ». Quant aux supermarchés, « il n’y a pas de lois interdisant la vente de livres à l’intérieur, mais les gérants ne peuvent pas non plus être contraints ». Il assure qu’une « loi sur le livre sur le modèle de celle du cinéma est en cours d’élaboration, pour soutenir toute la chaîne d’approvisionnement ». Il fait aussi référence au décret qu’il vient de signer pour soutenir les traducteurs.

Enfin, il se veut rassurant au sujet des travailleurs intermittents, autre source de polémiques ces derniers jours : « Nous avons prévu une allocation pour les travailleurs intermittents ayant des contrats occasionnels dans ces secteurs […] ». 

Crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


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