Les éditeurs japonais en guerre contre les sociétés de numérisation

Clément Solym - 21.09.2011

Edition - Société - japon - numeriser - livres


La multiplication des sociétés proposant un service de numérisation d'ouvrages inquiète les éditeurs japonais. Moins d'ailleurs pour la numérisation en tant que telle. Plutôt parce qu'une déferlante de fichiers pourrait submerger les réseaux de partage.

Depuis le 5 septembre, éditeurs et auteurs ont fait parvenir à une centaine de ces sociétés un questionnaire. Selon ce dernier, le service de numérisation serait illégal, et Tetsu Suzuki, directeur exécutif à la Kodansha, explique que les maisons souhaitent avant tout discuter de ces problèmes de droit.

Enfin la prise de conscience ?

La firme basée à Tokyo, Globcomm, qui propose depuis mars, pour 100 yens, la numérisation d'un livre, salue l'intiative. Selon lui, c'est le signe que l'édition prend enfin au sérieux les enjeux de la publication et commercialisation numérique. C'est que, de même qu'en France, il est interdit pour un particulier de solliciter une société pour la numérisation de ses fichiers. Tout le problème tourne autour du copiste, qui doit détenir le matériel pour ce faire, et ne pas payer pour ce service. (voir notre actualitté)


Pour autant, assure Globcomm, si les éditeurs japonais avaient pris les devants, les sociétés offrant aux particuliers de numériser leurs ouvrages n'auraient pas aussi rapidement fleuri. En clair : pourvoyez la demande des clients, et nous n'aurons plus de raison d'être. Kenji Nakamura, président de Globcomm serait même ravi de cesser son activité, si les éditeurs prennent en charge ce travail.

Service trop rentable

Sauf que le questionnaire ferait état « d'une attitude hautaine et trop unilatérale », dénonce Yuichi Ito, président de Chaos, qui propose la création de PDF depuis le site Rakuraku. Certains de ses clients lui envoient même leurs livres depuis l'étranger. Le prix d'achat de livres japonais à l'étranger est particulièrement élevé, note-t-il, et lui n'a aucune intention d'arrêter de proposer ce service, sauf si une décision de justice l'y contraint.

C'est qu'en dépit des tarifs bas en apparence, le marché est lucratif, parce que la demande est particulièrement forte. D'autant plus forte que les offres sont toujours aussi rares.

Mais la zone grise juridique est bien là, une brèche dans laquelle se sont engouffrées les sociétés de numérisation. Si la réalisation d'une copie numérique, rien n'interdit pourtant strictement de louer un appareil pour le faire - et de ne pas posséder soi-même ledit scanner. Reste qu'une société facturant pour un service de numérisation violerait le droit d'auteur, selon la législation...