Les éditeurs ne devaient pas miser sur le marché des bibliothèques

Clément Solym - 04.12.2013

Edition - Bibliothèques - Mike Shatzkin - bibliothèques - accès aux documents


Il compte parmi les acteurs les plus reconnus dans la réflexion et la pratique autour du livre numérique. Mike Shatzkin est le fondateur et le PDG de The Idea Logical Compagny, Inc, société proposant du conseil et de l'accompagnement dans les services à l'édition. Et selon lui, l'avenir du livre papier, dans la vente au détail, constitue un enjeu majeur. Paradoxe ? Presque pas.

 

 

Mike Shatzkin 

 

 

Si certaines librairies physiques sont parvenues à intégrer le marché numérique, en commercialisant des livres numériques, reste que celles qui se débattent dans la vente numérique sont plus nombreuses que celles qui luttent. Et surtout, il existe un marché, en mesure de démocratiser plus encore ce nouveau format, qui souffre actuellement de négligence. 

 

Dans un entretien avec Digital Book World, Shatzkin note que les différentes évolutions du marché du livre, depuis les années 90, se sont découpées en phase assez claires : d'abord, la suprématie de Barnes & Noble, puis, les parts de marché dévorées par Amazon avec le lancement du Kindle en point d'orgue. Enfin, la mort de la chaîne Borders. Et durant tout ce temps, les bibliothèques tentent de survivre pour conserver leurs budgets de fonctionnement.

 

Ce canal pourtant essentiel dans les ventes d'un éditeur, espace de découverte tant des livres que des auteurs, s'interroge aujourd'hui. Ou du moins, le devrait. « La question pour les bibliothèques est qu'est-ce que votre présent et comment voyez-vous le futur ? Beaucoup de bibliothèques affirment maintenant que leur valeur, en dernier recours, est une connexion à internet. Elles ont de bien meilleures propositions que cela. »

 

Selon Shatzkin, les éditeurs devraient prendre plus régulièrement la température des prêts dans les établissements, ayant besoin des retours que peuvent fournir les usagers. Surtout que cet écosystème va évoluer d'une manière qu'il est pour l'heure difficile de cerner - sinon à envisager que les livres et les documents seront plus facilement accessibles pour les lecteurs. Et ce, que ce soit sur les appareils, ou les sites internet, avec un besoin de se rendre dans les établissements.

 

De quoi occasionner quelques nuits blanches pour les responsables des établissements... « Je ne comprends pas comment un bibliothécaire ou un libraire peut ignorer cela. Les éditeurs ne doivent pas imaginer que le marché des bibliothèques va croître au cours des 20 prochaines années. Il n'y aura pas un marché des bibliothèques très vaste, dans 20 ans. »