Les éditeurs pris de court par l'autoédition

Clément Solym - 23.05.2011

Edition - Société - édition - autoédition - auteurs


Les éditeurs « se sont basés sur un système inefficace pendant des années, parce qu’ils n’avaient aucune raison de chercher à s’améliorer. Il n’y avait pas de concurrence et ils menaient, seuls, le jeu. », explique l’écrivain américain Michael Levin dans un article pour Forbes.

Il reproche notamment au système d’édition américain (mais le notre est-il différent ?) de publier des tonnes de livres en espérant qu’ils auront du succès. Par ailleurs, les éditeurs se reposent trop sur leur intuition et sur celle des agents : « Il n’y a pas d’autre industrie ou les producteurs attendent passivement de voir quels produits leurs seront suggérés. »


Au final, on se retrouve avec des centaines de livres qui traitent de l’actualité politique, des scandales people ou du meilleur moyen de maigrir. Non seulement ils n’intéressent pas grand monde, selon Levin, mais de plus ils redondent les uns avec les autres et les libraires finissent par les renvoyer en masse aux éditeurs.

Aujourd’hui ces derniers se retrouvent pris à leur propre piège puisque les auteurs ont de moins en moins souvent recours à leurs services. Ils préfèrent pour beaucoup les entreprises d’autoédition comme Smashwords, Lulu, ou Kindle Direct, qui leur permettent de vendre directement leurs livres et de gagner sur les ventes bien plus d’argent qu’avec un éditeur traditionnel.

Si ce constat n’est pas nouveau (notre actualitté), il se renforce de jour en jour. Pourtant, « les éditeurs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes », conclut Levin.