Les éditeurs redoutent un Brexit qui freinerait les ventes et exports de livres

Clément Solym - 06.12.2017

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Les éditeurs britanniques, décidés à démontrer leur importance, viennent de communiquer une étude indiquant qu’ils contribuent pour 3,2 milliards £ de valeur ajoutée brute à l’économie du pays. Bien entendu, cette information s’inscrit dans le cadre des négociations autour du Brexit. Pour le directeur général de la Publishers Association, Stephen Lotinga, il va falloir prendre cela en compte.


London Book Fair 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

La contribution totale à l’économie britannique s’élèverait à 7,8 milliards £, si l’on prend en compte les effets directs et induits, analyse l’étude produite par Frontier Economics. Il ne s’agit pas simplement de l’apport des maisons d’édition, souligne-t-on, mais également du soutien aux librairies. Ces dernières représentent 46.000 emplois et une contribution annuelle de 1,9 milliard £ à l’économie britannique.

 

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En 2016, l’industrie du livre affiche 5,1 milliards £ de chiffre d’affaires, avec 57 % des 2,9 milliards £ que réalise l’édition à travers l’exportation. Point sensible : les modifications de relations commerciales entre l’Europe et le Royaume-Uni pourraient freiner l’export. Or, on avance que la moitié des exportations des industries britanniques va vers l’Europe : en ce sens, l’édition « surpasse les autres secteurs en matière de développement du commerce mondial ».

 

Mais l’on comprend également, en filigrane, les inquiétudes non exprimées par le secteur : des restrictions ou des barrières aux frontières auraient des conséquences directes dans l’économie de l’édition. 

 

En outre, le Royaume-Uni serait le premier exportateur de livres représentant 17 % des exportations mondiales, contre 16 % pour les USA et 10 % pour l’Allemagne et 8 % à la Chine. Ce segment génère un excédent commercial de 1,1 milliard £ chaque année, et réduirait le déficit commercial du territoire de 2,2 %. 

 


 

Stephen Lotinga, directeur de la Publishers Association, félicite les éditeurs de leur dynamisme, et dans le même temps, redoute ce que deviendrait le secteur, dans l’ère après-Brexit.

 

L’édition emploie directement 29.000 personnes directement, mais soutient jusqu’à 70.000 emplois, rappelle-t-on. « Avec une productivité qui représente plus du double de la moyenne nationale, l’édition a embrassé la révolution numérique, et se positionne comme un exemple de l’innovation britannique, à son meilleur niveau », poursuit le directeur dans un communiqué.

 

Et de souligner qu’en outre, l’édition universitaire prend de plus en plus de place, avec une croissance de son chiffre d’affaires enregistrée depuis 2010. L’exportation de ces textes représente 1,1 milliard £, soit une hausse de 5 % en regard de 2015.