Les éditions Argemmios cherchent un repreneur

Lauren Muyumba - 04.06.2013

Edition - Les maisons - Repreneur - Editions Argemmios - Nathalie Dau


Nathalie Dau, la fondatrice des éditions Argemmios, souhaite raccrocher sa casquette d'éditrice. Pour des raisons de santé, elle ne peut plus assurer la gestion de la maison d'édition. Depuis le 29 mai, l'appel est lancé : trouver « une ou plusieurs personnes capables de reprendre ce beau flambeau ». Comme chaque année, le bilan a été clôturé le 30 avril. Les éléments comptables arriveront fin août pour que les les éditeurs intéressés puissent les étudier. Nathalie Dau espère une réponse définitive dans les deux ans qui viennent. 

 

 

 

 

 

« Je vends mes parts ». Pour Nathalie Dau, il est clair que l'aventure s'arrête là, après six années d'activité. « Je n'avais plus de vie de famille, à force d'être tous les week-ends sur le terrain ». On le lit sur l'annonce officielle : « Il y a des maladies comme ça, invisibles de l'extérieur, mais qui vous grignotent les forces. Fin mars, le corps de Nathalie a dit stop. » Elle-même raconte les malaises qu'elle a eus sur les stands pendant des salons.

 

Pour le moment, quelques propositions sont parvenues en seulement cinq jours. Une bonne nouvelle avec la conjoncture actuelle : des éditeurs français, mais également un éditeur canadien, et un suisse sont intéressés. « L'éditeur canadien voulait uniquement le numérique, mais ce ne sera pas possible : nous voulons quelqu'un qui respecte l'esprit de la maison », précise Nathalie Dau. Les ebooks ont été mis en ligne depuis mars seulement. « Le repreneur devra respecter les auteurs et pratiquer le contrat d'éditeur littéraire (CEL) ». Un contrat plus souple au niveau de la durée de l'exclusivité. « On ne cherche pas à accaparer tous les droits », explique-t-elle. Si aucun repreneur sérieux ne se manifeste, la maison cessera son activité en mai 2015.

 

Une équipe sur tous les fronts

 

Aux côtés de Nathalie Dau, Éric Gillard, qui s'occupe de traiter les manuscrits soumis, est également chef d'entreprise. De son côté Mathieu Coudray, directeur artistique est aussi illustrateur. La fondatrice a elle-même la double casquette éditeur/auteur lorsqu'elle se retrouve dans certains festivals. En septembre 2012, elle a publié La somme des rêves aux éditions Asgard. Les dédicaces, la promotion d'un ouvrage et la tenue d'un stand pour la maison d'édition n'est pas de tout repos. « On a tous un travail à côté, et on s'est retrouvés submergés », avoue Nathalie Dau.

 

« Je m'occupe des ouvrages retenus, mais lorsque je m'occupais des refus jusqu'en 2009, j'ai reçu énormément d'agressions et de menaces de la part des auteurs. En 2010, j'ai pondu un article sur le blog Métier Editeur qui a été décrié : c'était un billet humoristique pour expliquer tout ce que n'est pas un éditeur. Nous ne sommes pas des professeurs de français. Des auteurs me demandaient ce qui n'allait pas dans leur texte. »

 

Elle raconte aussi une forme de harcèlement : « Nous ne prenons pas de manuscrit non sollicité. On a beaucoup communiqué également sur le fait qu'on ne prend que des fichiers électroniques. Pourtant, on reçoit 5 à 6 manuscrits papier par semaine », raconte Nathalie Dau.

 

La micro-édition

 

Son successeur se retrouvera à la tête d'une entreprise de microédition, avec très peu d'existence en librairie - l'éditeur vend presque exclusivement sur les salons et son site internet. La maison s'est spécialisée en fantasy, fantastique et folklore, au travers de romans, BD, livres jeunesse, ebooks, recueils... Par ailleurs, la maison, située à Saussay-La-Campagne, en Haute-Normandie, va bien. « Les bilans n'ont fait que s'améliorer d'année en année, les chiffres de vente sont tout à fait corrects, les ventes en salon sont le plus souvent excellentes, la maison d'édition n'a aucune dette. » La collection de cartes postales a par exemple « contribué pour une part non négligeable aux rentrées financières ».

 

« La maison d'édition a constamment cherché à baisser les coûts de production et le prix de vente des livres, car son but a toujours été de permettre aux gens de découvrir des auteurs talentueux », explique encore le communiqué. Par exemple, des BD sont à 3,50 euros grâce à un tirage où la maison a choisi de cumuler la fabrication de plusieurs titres. 


Quant aux critiques et chroniques, elles seraient globalement « élogieuses ». Trois ouvrages publiés ont reçu un prix : prix Imaginales, prix Merlin et prix Oriande. Sont salués tout à la fois la qualité des ouvrages, et l'investissement de l'équipe « qui s'est également battue sur le terrain, participant à de très nombreux salons et festivals ». Aller à la rencontre des lecteurs est pratiquement indispensable en micro-édition.