Les éditions Max Milo ouvrent leur capital aux auteurs

Antoine Oury - 24.02.2014

Edition - Les maisons - éditions Max Milo - Jean-Charles Gérard - plan de continuation


L'année 2013 ne fut pas des plus heureuses pour la maison d'édition Max Milo, sur un plan financier. Si le succès de La Démesure, de Céline Raphaël (60.000 exemplaires vendus), a permis de souffler un peu, le plan de redressement lancé il y a un an s'est poursuivi. La maison annonce avoir retrouvé l'équilibre, et lance un plan de continuation qui associera les « auteurs historiques ».

 

 

 

 

 

Un communiqué de presse l'affirmait : « Max Milo est heureux de vous annoncer que notre maison d'édition vient de sortir du plan de redressement judiciaire dont elles faisaient l'objet depuis le 17 janvier 2013. Un plan de continuation entre en action à partir du 20 février 2014. » La durée de ce plan de continuation reste confidentielle, mais Jean-Charles Gérard, PDG de la maison, nous assure que les créances des auteurs ont été validées par le tribunal et vont être réparties sur ce délai.

 

« Cette sortie signifie que nous retrouvons une entière liberté pour gérer l'entreprise », explique-t-il, soulagé. Les difficultés rencontrées par Max Milo sont dues, d'après lui, à un concours de circonstances. « Nous avions mis sur pied un plan de développement avec le rachat d'une dizaine de maisons d'édition, comme nous l'avions fait avec Michalon en 2009, avec le soutien d'un fonds d'investissement », confie Jean-Charles Gérard.

 

Le dossier est monté, et le fonds d'investissement doit participer aux opérations, en avançant 4 millions € sur la table : mais voilà, le jour de la signature, deux des associés du fonds annoncent à leurs collaborateurs une perte de 15 millions €, liée à deux autres sociétés. « Le fonds d'investissement s'est alors retiré de manière unilatérale, alors que j'avais déjà engagé des achats », explique Jean-Charles Gérard. « Dès lors, les banques ont paniqué, m'ont retiré un prêt, une garantie sur retours et des découverts bancaires. »

 

Suit la vente de Michalon, en septembre 2012, et la nécessité de trouver 300.000 € : « Comme toute PME indépendante, nous avons été confrontés à un essoufflement en termes de trésorerie. » 2 salariés sur les 7 personnes que comptait la maison ont quitté la société, mais celle-ci a pu profiter depuis de la « meilleure année depuis sa création », 2013 donc.

 

« Dans un souci de transparence dans la relation d'une maison d'édition avec ses auteurs », les éditions Max Milo feront bénéficier l'ouverture de leur capital social à une dizaine d'auteurs historiques. Ces derniers pourront donc participer au capital de l'entreprise, et donc « assister et participer aux différentes assemblées générales, en tant qu'actionnaire, d'une part, mais aussi en tant qu'associé à une stratégie éditoriale et de développement », explique Jean-Charles Gérard.

 

À présent, la maison va se concentrer sur ses activités, avec la bienveillance de la Banque de France qui a récemment banalisé les comptes de la société.