Les éditions Max Milo placées en redressement judiciaire

Nicolas Gary - 12.02.2013

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Depuis le 17 janvier 2013, les éditions Max Milo ont été placées en redressement judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire. Le jugement a été rendu alors que plusieurs auteurs avaient reçu l'assurance du dirigeant, Jean-Chalres Gérard, que la situation de l'entreprise était au mieux. 

 

 

 

La maison créée en 2010 par Jean-Charles Gérard, Christophe Guinel et Daniel Gérard, s'était donné pour devise ‘Provoquer à juste titre'. La dernière provocation ne semble cependant pas plaire à tous les auteurs. La lettre qu'ils ont reçue voilà deux semaines, les invitant, eux ainsi que les autres créanciers, à faire parvenir leurs créances, ne laissait en effet rien présager de bon. 

 

« On me donne deux mois, ou quatre, selon les documents et les personnes que l'on contacte, pour faire parvenir à la maison mes créances, d'accord, mais je ne sais toujours pas combien de mes livres ont été vendus », nous explique une auteure. 

 

C'est que durant toute l'année 2012, celle-ci est restée dans l'ignorance la plus totale, n'ayant reçu aucune reddition de comptes, ses courriers et emails restant lettre morte. « Quid du contrat qui lie auteur et éditeur et qui "protège" normalement l'auteur en lui assurant une rémunération minimum ? »

 

Sollicité par ActuaLitté, l'administrateur judiciaire explique que la maison est entrée dans une période de quatre mois d'observation, le délai légal, et que depuis l'avis de redressement judiciaire, les éditions Max Milo « se réorganisent pour trouver des alternatives et de nouveaux débouchés. De nouveaux ouvrages seront prochainement publiés : la maison était en attente de publications, ce qui avait provoqué un trou d'air ». 

 

Quand on évoque cependant des problèmes de paiements pour les auteurs, l'administrateur semble ne pas comprendre. Le mandataire judiciaire, pour sa part, n'était pas joignable. « Le paiement des auteurs pourra se faire, si la société n'entre pas en liquidation, et tout paraît bien engagé pour que ce ne soit pas le cas », précise l'administrateur. 

 

« La maison avait eu néanmoins le culot de me demander fin 2011, début 2012, d'écrire un nouveau livre pour eux, sur un autre sujet nécessitant également une enquête, alors qu'ils ne m'avaient toujours pas versé quoi que ce soit pour mon premier livre paru chez eux », reprend l'auteure, écoeurée par les manières de l'éditeur.

 

Les banques et l'édition : le désamour

 

Le dirigeant, Jean-Charles Gérard nous précise toutefois que le redressement judiciaire n'est dû « qu'à un conflit qui m'a opposé aux banques. J'ai perdu une garantie sur les retours ainsi qu'une autorisation de découvert, et il a fallu entrer en négociation, en passant par le biais d'un conciliateur. Mais cela n'a rien à voir avec la situation financière de la société ; la Banque de France a confirmé la rentabilité de Max Milo ». 

 

Surtout que la maison connaît actuellement une période faste : le livre de Cécile Rafaël, médecin, qui a publié La Démesure, a dépassé les 30.000 ventes « et semble bien parti pour réaliser 50.000 exemplaires. Pour notre petite maison, c'est un excellent résultat, mais même sans cela, nous pouvions nous en sortir », confirme Jean-Charles Gérard. 

 

Quant aux auteurs, c'est plus compliqué : « Je croyais les avoir tous appelés, et les avoir prévenus. Mais peut-être en avons-nous manqué quelques-uns.» Pourtant, quelques problèmes continuent de se poser : dans la reddition de comptes, un auteur nous assure qu'il n'a pas trouvé la ligne concernant les livres numériques - et que l'éditeur ne l'avait jamais avertie de la commercialisation des fichiers. « Une politesse minimum, tout de même... » 

 

Quatre mois à attendre, pour que tout rentre dans l'ordre ?