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Les éditions Robert Laffont condamnées pour atteinte à la vie privée

Julien Helmlinger - 24.05.2013

Edition - Justice - Robert Laffont - Colères - Condamnation


Comme le rapporte l'AFP, la maison d'édition Robert Laffont vient de se voir condamnée ce mercredi à verser 10.000 € de dommages et intérêts au fils de l'écrivain Lionel Duroy, Raphaël. Celui-ci avait porté plainte au motif d'atteinte à sa vie privée, pointant l'ouvrage de son père : Colères. Un livre publié chez Julliard, courant 2011, et au travers duquel l'écrivain dépeint notamment des relations chaotiques avec son fils. Est dénoncée la mise à nu de la construction intime du jeune homme de 27 ans, et ses nombreuses impudicités.

 

 

 

 

Le jugement a été rendu par la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris. Celle-ci soutient que dans cette affaire de Colères, le droit au respect de la vie privée se devrait de prévaloir sur le principe de la liberté de création. Et ce, en raison de circonstances « incontestablement douloureuses et préjudiciables » au plaignant, Raphaël Duroy.


Selon l'éditeur, la substitution des prénoms des personnages, dans le livre, n'avait pas pour dessein de cacher le fait qu'il s'agisse du fils de l'auteur. Une mesure qui aurait été prise afin de « protéger son anonymat », mais le tribunal estime que cet effet est manqué.

 

Surtout pour un titre qui s'adresse à un large public et qui s'est déjà écoulé à 10.000 exemplaires. Le verdict du tribunal précise : « Ce dévoilement public de sa vie privée, dans ses éléments les plus intimes [...] affecte sans conteste la vision que les tiers peuvent avoir de lui. » 

 

Pour l'avocate du plaignant, Me Isabelle Wekstein, la décision du tribunal a estimé « à sa juste portée  la gravité de l'atteinte et la souffrance » infligée à son client Raphaël Duroy. Me William Bourdon, pour la partie adverse, a admis qu'il s'agissait d'une affaire sensible, et annoncé que l'éditeur ne ferait pas appel. Exprimant satisfaction quant au fait que le tribunal ait refusé d'interdire toute nouvelle exploitation du livre demandée par le plaignant.  Une mesure qui selon les juges n'assurerait « pas la réparation du préjudice qui est déjà réalisé, plus de deux ans s'étant écoulés depuis la publication du livre ».