L'Union américaine pour les libertés civiles se penche sur Amazon

Nicolas Gary - 22.08.2015

Edition - Justice - Amazon travail - Jeff Bezos employés - conditions salariés


Outre l’extrême confidentialité du moindre geste — comme la quantité de papier toilette utilisé, paraît-il –, Amazon a introduit un esprit d’entreprise spécifique. Un article du New York Times, la semaine passée, a mis le feu aux poudres : « Les perfectionnistes s’y rendent pour se sentir minables », expliquait un ancien employé. Juste assez pour que l’Union américaine pour les libertés civiles s’intéresse une fois de plus à l’entreprise. 

 

Amazon conditions travail plainte class action USA

Mark Rain, CC BY 2.0

 

 

En mars dernier, l’ACLU avait déjà évoqué les problèmes de confidentialité dans l’ensemble des sociétés du secteur high-tech. Mais à l’époque, Amazon avait échappé aux attaques – principalement parce qu’il semblait plus difficile encore d’entrer en relation avec les salariés. Sur les multiples demandes d’information quant aux conditions de surveillance pratiquées, la firme n’a toujours répondu qu’avec un grand silence. 

 

Mais voilà : le papier du NYT, outre qu’il a attiré l’attention du gouvernement américain, inquiète également l’ACLU. Dans le Seattle Times, l’organisation a diffusé une publicité en pleine page, pour inciter les employés à se manifester. Tous ceux qui se considèrent comme mal traités, pénalisés, empêchés d’avoir des enfants ou de prendre des jours en cas de maladie, sont encouragés à se faire connaître.

 

Ainsi que l’indique assez ouvertement le NYT, ce sont les femmes qui souffrent principalement des conditions de travail chez Amazon. Peu d’entre elles figurent dans les directions, et les effectifs semblent principalement masculins. « Les comptes, comme dirait Amazon, semblent clairs », note l’ACLU.

 

Amazon est l’un des grands employeurs de notre pays, et dispose du droit d’établir la culture d’entreprise qui lui convient. Toutefois, il doit toujours se conformer aux exigences premières, qui protègent les employés dans tous les lieux de travail. Anthony D. Romero, directeur de l'UCLA

 

Et cette manifeste inégalité entre les sexes, « n’est pas propre à Amazon, mais la firme a maintenant une occasion unique d’y faire face et d’y remédier, en appliquant les mêmes outils que ceux qui ont fait son succès : la vision, l’innovation et le leadership », poursuit l’annonce.

 

« Amazon est l’un des grands employeurs de notre pays, et dispose du droit d’établir la culture d’entreprise qui lui convient. Toutefois, il doit toujours se conformer aux exigences premières, qui protègent les employés dans tous les lieux de travail. » Et de poursuivre : « Il y avait assez dans l’article du Times pour nous inquiéter. » 

 

L’ACLU ne cherche pas une occasion pour attaquer la société ni la culture d’entreprise, mais revendique son rôle dans la protection des employés dans tout le pays. Si certains employeurs sont désagréables, cela n’en fait pas pour autant des truands. « Toutefois, il y a des droits auxquels les travailleurs accèdent, quel que soit leur niveau dans la société. »

 

Les uns et les autres sont invités à prendre contact depuis cette adresse email, GenderEqualityAmazon@aclu.org. Mais que l’on ne s’y trompe pas : si le nombre de plaignants devient trop volumineux, l’ACLU n’hésitera pas à lancer une class action, ou toute autre forme juridique de protestation. 

 

La société de Jeff Bezos n’a pour le moment pas fait de commentaires, même si l’ACLU a souligné que les propos de Bezos étaient « une première étape bienvenue ». Le big boss affirmait qu’il ne reconnaissait pas dans le papier du NYT son entreprise, et jurait que lui-même préférerait quitter une pareille société. 

 

« Notre unique préoccupation est de veiller à ce que les entreprises de high tech, quand elles installent leurs modèles économiques et leurs méthodes, se voient rappeler par des groupes comme le nôtre qu’il y a certains droits et responsabilités qu’elles endossent vis-à-vis de leurs employés », conclut le courrier.  

 

On peut retrouver la lettre d’Anthony D. Romero, directeur de l’ACLU, ci-dessous. 

 

 

 


Pour approfondir

Editeur :
Genre : poche petits prix
Total pages : 155
Traducteur :
ISBN : 9782266161091

L’Île des esclaves

de Marivaux

Marivaux n'est pas seulement le magicien des ravissements, des confusions et des conspirations amoureuses. Notre siècle, qui a le goût des paraboles sociales, redécouvre ses pièces en un acte, comme cette Colonie subversive où les femmes ont l'idée de prendre le pouvoir... L'Île des Esclaves est aussi une utopie, entre la fable philosophique et la comédie à l'italienne. Sur l'île de " nulle part ", deux couples de maîtres et d'esclaves échangent leur condition le temps d'un " cours d'humanité ". Le serviteur se donne trois ans pour corriger le seigneur de sa barbarie et de sa superbe, trois ans pour le rendre humain, sensible et généreux. Venu d'une époque qui ne connaissait pas la lutte des classes, ce conte étonne par son amertume et sa souriante cruauté.

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