Les États généraux de l'Imaginaire : les éditeurs se regroupent

Nicolas Gary - 24.03.2017

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Début février, quatre éditeurs annonçaient la constitution d’un Syndicat national des éditeurs indépendants de l’imaginaire. La proposition accompagnée d’un manifeste avait pris de court d’autres maisons... qui planchaient sur le même sujet. Après plusieurs semaines de concertation, une nouvelle impulsion s’amorce.

 

Robby the Robot: Into The Unknown!

JD Hancock, CC BY 2.0

 

 

Ce soir, à 18 h, on sonnera le grand rassemblement. « D’abord, se retrouver tous ensemble, et autour d’un verre poser les idées, trier, choisir », nous explique-t-on. C’est que le manifeste de février amorcé par Malpertuis, Le Peuple de Mü, Walrus et Armada avait secoué le petit monde de l’imaginaire. « C’est vrai que l’on a manqué de communication en amont, à vouloir travailler chacun dans son coin », reconnaît un éditeur.

 

Mais ce premier appel a permis de comprendre que tous partageaient la même volonté. « Chaque maison prenant part à ce collectif est soucieuse de s’effacer au profit de l’ensemble : petits, moyens et grands, l’objectif est de lancer un appel commun à la mobilisation. »

 

C’est en concertation avec le plus grand nombre que sera donc passé cet appel. « Nous avons travaillé en amont, pour que les maisons de l’imaginaire soient regroupées, mais pas simplement. Le projet porté est de réunir tous les acteurs des cultures de l’imaginaire, parce qu’elles sont omniprésentes dans notre société. Or, nous, éditeurs, pouvons clairement constater un décalage entre la perception que l’on a de ces cultures, et le regard sur les livres et les littératures de l’imaginaire. »

 

En clair : rétablir un certain équilibre, à une époque où la science-fiction, la fantasy et bien d’autres explosent sur les écrans... mais les livres restent encore cloisonnés dans des espaces qui manquent peut-être d’air.

 

« Avec cet appel, nous posons une première brique pour mobiliser l’ensemble des médiateurs du livre : les médias, les bibliothécaires, les libraires, les lecteurs, à partir de ce que les éditeurs proposent. » Et ainsi entraîner une dynamique.

 

Il s’agit moins de se regarder le nombril et de se poser en victime, que de créer un mouvement, coordonné, et de structurer des actions. « Produire un discours nous donne un appui, pour que chacun comprenne la démarche. Mais ce dernier doit être simple pour que tous s’y reconnaissent. »

 

De quoi aboutir à la création d’un syndicat ou d’une association, sur les modèles de la British Science Fiction Association ou du Science Fiction and Fantasy Writers of America ? « C’est envisageable, mais impossible à définir pour l’instant. Les idées que nous avons de ce que ce collectif doit être ou peut devenir sont nombreuses. Mais toute tentative hasardeuse serait contreproductive. »

 

Création du Syndicat National des Éditeurs Indépendants de l’Imaginaire : une nécessité 

 

Après les agapes de ce soir, au salon du livre, viendra donc la constitution des premiers États généraux de l’Imaginaire, en novembre prochain, à l’occasion des Utopiales. « Le cadre est à définir, tout est à construire. Aujourd’hui, nous établissons simplement la volonté commune, parce que nous partageons une même analyse : les littératures de l’imaginaire doivent être portées, parce qu’elles sont avant tout une littérature. »

 

Respecter la diversité des maisons, leurs catalogues, mais œuvrer ensemble. « Nous partageons une préoccupation, le tout est de s’entendre, pour laisser place à un mouvement. Ce texte est le premier temps. »

 

Ne reste alors plus qu’à valser... Au premier temps, de la valse...

 

 

Appel à la mobilisation des acteurs de l’Imaginaire

Les cultures de l’Imaginaire - science-fiction, fantasy, fantastique - sont omniprésentes dans notre société à travers tous les médias. 
Il est temps de coordonner nos forces et notre créativité pour les promouvoir.
Construisons ensemble des discours, des actions, tout au long de l’année, et rassemblons-nous pour des états généraux en novembre prochain !