Les États généraux de Luc Chatel, un autisme insupportable

Clément Solym - 09.04.2010

Edition - Société - Chatel - violence - sécurité


Recette : mettez un ministre de l'Éducation nationale avec une jolie permanente dans une Sorbonne durant deux jours, ajoutez des acteurs du monde de l'éducation (syndicat lycéen, etc.) secouez gentiment jusqu'à ce que ça mousse... et lancer très fort vers le grand public qui attendait pourtant beaucoup de ces États généraux de la sécurité.

Eh bien, finalement, ça fait plouc. Et pas simplement dans les rangs de l'Assemblée, côté PS, qui qualifierait presque d'« autisme » « insupportable » le comportement de Luc Chatel, au sortir de cette réunion.

Parce que d'un côté, on a le son de cloche des professionnels, qui prônent un retour à l'humain, quand de l'autre, M. Chatel préfère camper sur des acquis infondés, comme les caméras de surveillance, estime le communiqué du groupe socialiste.

« En confortant les réflexes les plus réactionnaires de sa majorité, il a une fois de plus démontré son incapacité à écouter et donc à gouverner ! »

À des rapports humains, le ministre rétorque par des renforcements des équipes mobiles de sécurité, pour prévenir de la violence dans les académies les plus touchées. On reparle des sanctions scolaires et pour la rentrée de septembre, il évoque « les règles élémentaires de civilité et de comportement ». Voire le recours à des structures adaptées pour les mauvais élèves.

Mieux : on va couper les allocs plus facilement aux parents dont le gamin se montrerait un tant soit peu déserteur et adepte de l'école buissonnière. « C'est une mascarade. Nos deux jours de débat n'ont servi à rien », estime Toufike Mohamed, président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), selon 20 minutes.

Même Bruno Julliard, secrétaire national à l'Éducation, voit dans le comportement du ministre toute « l'absurdité » de la politique actuelle. « Le ministre de l'Éducation a beau jeu de promettre d'introduire la gestion de crise et la tenue de classe dans la formation des enseignants : à quoi cela sert-il s'il ne renonce pas à son projet de réforme qui conduit à envoyer au casse-pipe, à plein temps dès la rentrée, des professeurs sans aucune expérience ? »

On comprend mieux l'image de pansement sur une plaie non désinfectée donnée par Antoine Evennou, président de l'Union nationale lycéenne.