Les États-Unis récupéreront l'argent des ventes du livre d'Edward Snowden

Clément Solym - 19.12.2019

Edition - Justice - Edward Snowden - gouvernement américain - revenus droits auteurs


Gêné aux entournures, le gouvernement américain décidait en septembre d’attaquer le livre d’Edward Snowden. Le lanceur d’alerte, ancien de la CIA, aurait trahi son devoir de réserve. En divulguant des informations classifiées, c’est la sécurité nationale du pays qui était menacée. Qu’on se rassure pour ce qui est de ses finances, les États-Unis ont trouvé une solution.
 



L’enjeu du procès intenté se résume à un simple argument : la parution des mémoires de Snowden viole le contrat de travail signé par l’ex-salarié des services secrets. N’ayant pas soumis son texte pour un examen préalable par les autorités compétentes, il se retrouve donc condamné, depuis la Russie où il réside actuellement pour ne pas être remis aux pouvoirs publics.

Contractuellement, des accords de confidentialité encadraient les fonctions de Snowden vis-à-vis du gouvernement américain. Mais selon le juge de district LiamO’Grady, siégeant à Alexandrie, en Virginie, l’auteur a cassé unilatéralement son contrat avec Permanent Record, ses mémoires. Car, outre la CIA, c’est aussi l’agence de renseignement, la NSA, qui est en cause.

Dans l’ouvrage, rien de neuf à proprement parler : juste du sale. Snowden racontait comment s’est instaurée une collecte de données massives, avec surveillance des appels téléphoniques, des courriels et de l’activité web plus généralement, par le gouvernement. 
 

Une lecture honnête du gouvernement ? Mouhahahaha !


En vertu des plaintes déposées et des accords de confidentialité encadrant le contrat, Snowden aurait dû présenter tout écrit ayant vocation à être rendu public. Ses avocats, au moment de la sortie du livre, avaient alerté charitablement que le gouvernement en découvrirait le contenu en même temps que les lecteurs. D’autant qu’il ne contenait aucune nouvelle révélation.

« Il est farfelu d’imaginer que le gouvernement en aurait fait une lecture équilibrée et juste, en toute bonne foi, que ce soit de ce livre ou de tout autre document », indique Brett Max Kaufman, avocat de Snowden dans un communiqué. « Pour cette raison, M. Snowder a préféré risquer ses futurs revenus plutôt que de soumettre ses propos à une censure étatique inappropriée. »

Pour l’heure, son éditeur, Macmillan, n’a pas fait de commentaires. 

En l’état, tous les revenus et droits d’auteurs liés aux ventes seront donc saisis par les États-Unis. Juteux, puisqu’à peine la procédure dévoilée, les ventes du livre avaient littéralement bondi. Désormais, le ministère de la Justice cherche donc à récupérer tous les revenus liés à la commercialisation du livre. 

On ignore si une procédure d’appel sera lancée. Seule hypothèse : que l’auteur renonce à ses droits ?


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