Les Etats-Unis refusent l'entrée d'un écrivain allemand sur leur territoire

Julien Helmlinger - 02.10.2013

Edition - International - Etats-Unis - Ilija Trojanow - Auteur


Au pays de la NSA et du Shutdown gouvernemental, il vaut mieux avoir un ESTA (Electronic System for Travel Authorization) en bonne et due forme avant de poser le pied dans un aéroport. Tandis que l'auteur germano-bulgare de The Collector of Worlds, entre autres ouvrages, souhaitait rejoindre une conférence sur la langue de Goethe qui se tenait à Denver, depuis le Brésil, il s'est vu signaler que sa présence n'était pas la bienvenue sur le territoire américain. Avec pour seule consolation d'entendre qu'il pouvait demander un visa à l'ambassade américaine.

 

 

 

 

Malheureusement pour l'écrivain, au pays vantant les perspectives de l'American dream, ce n'est pas la première fois que le gouvernement lui refuse l'ouverture des frontières. L'an dernier, alors qu'il demandait un visa de travail pour occuper un emploi en tant que professeur invité à l'université de Washington de St. Louis, son visa lui a été refusé, avant que les protestations de l'université ne viennent à sa rescousse.

 

Cette nouvelle interdiction de séjour n'a pas été expliquée en détail au principal intéressé. Si ce n'est que son interlocuteur, un employé d'American Airlines de Salvador, lui a confié : « Votre cas est spécial ».

 

Selon certains commentateurs, la pomme de la discorde remonterait à l'année 2009, et concernerait le livre coécrit avec l'écrivain Juli Zeh, intitulé en VO : Angriff auf die Freiheit. Sicherheitswahn, Überwachungsstaat und der Abbau bürgerlicher Rechte ( Atteinte à la liberté : folie sécuritaire, l'État de surveillance et le démantèlement des droits civils ). Si le titre suffit à comprendre de quel sujet il était question, ainsi que son angle de traitement, le livre a été suivi cette année par une lettre des auteurs et d'autres écrivains allemands à la chancelière Angela Merkel.

 

Celle-ci était envoyée en guise de protestation contre la complicité du gouvernement allemand avec les pratiques d'espionnage de la NSA, et demandait à Merkel à prendre des mesures contre la violation des lois allemandes qui protègent le droit des citoyens à la vie privée. Une sollicitation qui a depuis recueilli quelque 70.000 signatures supplémentaires.

 

Pour autant de refoulés à l'entrée ?