Les Etats-Unis rendent deux livres anciens, volés à la Suède

Cécile Mazin - 24.07.2013

Edition - International - Etats-Unis - Suède - vols de manuscrits


Ils avaient été dérobés à la bibliothèque nationale de Suède, voilà une vingtaine d'années, entre 1995 et 2004 : deux ouvrages, dont l'un âgé de plus de 300 ans, seront remis par les États-Unis à leur pays d'origine, au cours d'une cérémonie qui doit se dérouler à Manhattan. 

 

 

Kungl Biblioteket, la bibliothèque nationale de Suède.

Bibliothèque nationale de Suède

manumenal, CC BY-SA 2.0

 

 

Le procureur fédéral Preet Bharara rencontrera pour l'occasion Gunilla Herdenberg, directrice de la Bn de Suède. Ces deux ouvrages qui seront remis ne sont pourtant qu'une partie visible de l'iceberg, alors que durant cette même période 54 autres livres d'un même lot ont été volés dans l'établissement. Les deux que remettra le gouvernement américain ont une valeur de 100.000 $ pièce. 

 

Le responsable de ces vols, Anders Burius, n'était autre que le directeur de la section des manuscrits au sein de la Bn. Il avait choisi de se suicider, fin 2004, après avoir confessé ses crimes. Depuis, les agents du FBI ont tenté de remettre la main sur les autres livres et de retracer leurs parcours depuis la Bibliothèque. La chose est complexe, attendu que certains ont été revendus par le biais d'une maison d'enchères de Hambourg, en Allemagne, tandis que 13 autres furent achetés par des Américains. 

 

Pour les services secrets américains, la quête est longue, mais en 2012, c'est un Atlas daté de 415 ans, et vendu à New York aux enchères, qui avait ét»é retrouvé. 

 

Les livres qui seront rendus ce mercredi sont une Description de la Louisiane, daté de 1683, et rédigé par le missionnaire et explorateur français Louis Hennepin, ainsi qu'une collection allemande d'illustrations de l'artiste américain Henry Lewis, imprimé à Düsseldorf entre 1854 et 1858. Ils furent tous deux achetés à la maison d'enchères Ketterer Kunst, au milieu des années 90, par Stephan Lewentheil, marchand de livres anciens, situé à Baltimore, dans le Maryland. Celui-ci avait appris avec étonnement et par le FBI que les livres étaient volés.

 

Pour les récupérer, il a dû racheter à ses propres frais les livres qui avaient continué leur cycle auprès de particuliers. C'est que moralement, d'avoir participé à un recel de livres anciens ne le mettait pas tout à fait à l'aise.  « Tout délit est condamnable, mais pour moi, le vol de biens culturels est le pire, parce que c'est le patrimoine d'une nation que vous dérobez », assure-t-il.