'Les étudiants étrangers ne sont pas un problème d'immigration'

Clément Solym - 09.05.2011

Edition - Société - pecresse - dati - etudiants


Valérie Pécresse l'a dit sur Europe 1 vendredi : « Les étudiants étrangers, ce n'est pas un problème d'immigration, c'est un problème de mobilité ».

La ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur a précisé sa pensée en indiquant que les étudiants qui viennent de divers pays du monde étudier dans l'Hexagone sont « une source de rayonnement de la France » en véhiculant la culture française dans leur pays d'origine et en aidant « nos entreprises à s'implanter ».

La France, troisième pays d'accueil des étudiants étrangers, en a reçu 278.000 sur son sol en 2009, contre 161.000 en 1999, soit une augmentation de 73% selon les chiffres du ministère. Des chiffres qui expliqueraient la croissance des effectifs dans l'enseignement supérieur : le nombre total d'étudiants aurait cru de 2,9% au lieu de 8,4%, sans les étudiants étrangers.

Alors qu'un étudiant français sur deux va à l'université, cette proportion s'élève aux trois quart pour les étudiants étrangers, dont 44% d'Africains et 10,5% de Chinois (deuxième nationalité la plus représentée).


Valérie Pécresse nuançait les propos de l'ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, elle-même enfant de l'immigration, qui avait déclaré mercredi, à propos du contrôle de l'immigration légale, que les « étudiants étrangers [doivent] repartir dans leur pays à l'issue de leurs études ». Et l'inénarrable maire du VIIe arrondissement parisien et député européenne, de préciser : « Pendant trop longtemps, on a accepté que ces étudiants puissent rester en France [...]. Il ne faudrait plus accepter le changement de statut — souvent des étudiants demandent de passer au statut de travailleur — sauf cas exceptionnel ». 

En 2007, François Fillon fustigeait déjà les abus des universités qui compensent le déclin de leurs effectifs par le recrutement abusif d'étudiants étrangers, ces derniers étant, selon le Premier ministre, plus enclins à chercher un emploi qu'à suivre des cours.

Un débat complexe, alimenté à coups de statistiques (30% des étudiants étrangers suivraient  - tout de même -  un enseignement de troisième cycle, mais 40% d'entre eux, seulement, parviendraient à obtenir une licence) qui semblerait pertinent dans un tout autre climat politique.

Mais dans la période (trop ?) sensible que nous traversons, on ne peut s'empêcher de percevoir, fut-ce de façon diffuse, le parfum de relents nauséabonds. Même avec Rachida Dati au frond.