Les étudiants lésés pour les bourses universitaires

Clément Solym - 26.03.2008

Edition - Société - étudiants - bourses - universitaire


Alors que les étudiants ou futurs étudiants sont en train de remplir leur dossier de demande de bourses, et rappelons qu'ils n'ont que jusqu'au 30 avril pour le faire, l'Unef, syndicat étudiant, tire la sonnette d'alarme. Il estime dans une lettre adressée au parlement qu'« il y a urgence à réagir car c'est en ce moment même que les étudiants remplissent leurs dossiers de bourse pour l'année prochaine ».

Un système d'attribution des bourses simplifié

En effet, selon lui la réforme du système d'attribution des bourses devrait faire baisser le montant de celles-ci pour quelque 20 000 étudiants. Cette réforme avait été décidée dans un souci de simplification. Deux des critères d'accession ont été retirés, à savoir la prise en compte du handicap et des cas où les étudiants n'ont qu'un seul parent. Ne sont donc, plus pris en compte que l'éloignement familial (et dans une mesure moindre qu'auparavant), les revenus fiscaux du foyer parental, et le nombre d'enfants à charge des parents.

Un gros trou dans le budget

Hier, le premier jour des élections des représentants des étudiants dans les CROUS (Centres Regionaux des Oeuvres Universitaires et Scolaires), le syndicat a annoncé officiellement le nombre d'étudiants qu'il estimerait touchés par la baisse du montant des bourses, soit 20 000 sur 700 000 boursiers. Ceux-ci devraient perdre de 450 à 2000 euros par an. De plus, selon les calculs de l'Unef 2 000 étudiants devraient carrément voir leurs bourses disparaître.

Un pouvoir d'achat déjà très faible

Les revenus des étudiants ne suffisaient déjà pas l'année dernière par rapport à l'inflation. Avec un loyer qui peut atteindre 50%de leur budget, les étudiants sont souvent obligés de prendre un job pour pouvoir vivre et poursuivre leurs études. Un faible pouvoir d'achat, un job envahissant et peu de temps à consacrer aux études, sont régulièrement les causes d'abandon dans le cycle universitaire.

Un ministère qui reste évasif

Les baisses du montant des bourses que devrait entraîner cette réforme sont donc un souci majeur pour les étudiants boursiers. De son côté le gouvernement reste évasif, ne donnant pas une réponse satisfaisante à la lettre que l'Unef avait envoyée à Valerie Pécresse le 19 janvier dernier. La ministre n'avait « répondu ni sur le nombre d'étudiants concernés, ni sur la manière de rétablir les étudiants dans leurs droits ». Selon le syndicat la « ministre des Étudiants ne semble pas prendre la mesure du problème ».

Des réponses inadaptées selon l'Unef

Le ministère a rappelé mardi qu'il resterait « vigilant sur toutes les situations nées de la transformation du système ». L'union nationale des étudiants de France signale en outre que la ministre aurait laissé entendre que certains dossiers pourraient être revus « au cas par cas » ce qui semble aux yeux du syndicat « irréaliste au vu du nombre d'étudiants concernés et inacceptable au regard des conséquences sociales pour ces étudiants ».