Les femmes privées d'érotisme et plus si affinités

Clément Solym - 08.07.2009

Edition - Economie - femmes - privées - érotisme


La littérature érotique pour femmes avait pourtant connu un bel essor avec l'initiative que John Updike parrainait, permettant à ces dames de se délecter discrètement d'ouvrages coquins, en les lisant directement sur leur téléphone.

Mais un coup dur leur tombe dessus : Black Lace, éditeur spécialisé dans le secteur depuis 16 ans, et qui a déjà vendu plus de 4 millions d'ouvrages dans le monde ne publiera rien l'an prochain. Pas de nouveautés. C'est de Virgin Books, morceau du géant Random House, que vient cette décision peu inspirée.

Panique chez les petites Anglaises ? C'est à redouter, et du moins sur Twitter la colère gronde : Zoe Margolis, biographe dans l'érotisme annonce une « nouvelle terrible ». Pour les lectrices, tout d'abord, c'est évident, mais également pour les écrivains dans leur ensemble. Pas simplement ceux qui oeuvraient dans ce domaine. Et d'espérer qu'un nouvel éditeur reprenne le flambeau de cette coupure franche.

John Sadler de Virgin Book, dans un communiqué, fait savoir que le plan d'action pour 2010 donnera la priorité à la croissance du domaine non-fictionnel, et que, de ce fait, l'érotisme ne connaîtra pas de renouveau pour l'année à venir.

Un éditeur concurrent, cité par le Guardian, assure que toute la communauté a pris les armes. D'autant que le marché de l'érotisme a pris une légère claque depuis que l'on trouve sur internet des livres gratuits. En outre, il accuse les responsables et dirigeants de Random House de se foutre éperdument (sic !) de l'érotisme. Et prétexter qu'il ne fait pas assez d'argent n'est qu'un prétexte pour se débarrasser de la collection.

Poutant, les femmes d'Angleterre et d'ailleurs auraient peut-être aimé qu'on leur eût demandé leur avis...