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Les Français achètent de plus en plus de livres d'occasion

Nicolas Gary - 20.12.2018

Edition - Economie - livre occasion internet - vente produits reconditionnés - livre occasion Noël


En attendant le communiqué annuel de PriceMinister annonçant que le livre a encore été le produit le plus revendu après Noël, voici un bref pronostic de Recommerce. Spécialiste de la vente de smartphones et produits reconditionnés, l’entreprise avance que les Français passeront massivement par les cadeaux d’occasion.

Librairie Boulinier - Paris
ActuaLitté CC BY SA 2.0

 
Avec 47 % de la population qui envisage d’offrir un produit reconditionné, c’est au choix, soit une joyeuse prise de conscience que la consommation et les achats frénétiques ne sont pas bon pour une société… Soit que le pouvoir d’achat a massivement pris du plomb dans l’aile. 

En réalité, ce serait même un peu des deux, puisque 40 % des sondés estiment qu’il s’agit là d’une manière de lutter contre le gaspillage. Et 30 % ajoutent qu’ils peuvent ainsi mieux contrôler leurs dépenses. 

25 % des gens auraient déjà effectué leurs achats en passant par des produits d’occasion, affirme l’étude menée par Toluna.

L’histoire ne dit pas si les futurs possesseurs d’un smartphone en profiteront pour acheter des livres numériques : ce qui est certain, c’est qu’ils n’achèteront pas d’ebooks d’occasion. La précédente ministre de la Culture, Françoise Nyssen, s’y était farouchement opposée : difficile de croire que son successeur, Franck Riester, prendra le chemin opposé.
 

Le livre d'occasion, une aubaine


En revanche, annonce l’étude de ReCommerce, 60 % des Français apprécient l’idée d’acheter des livres d’occasion. Ce qui n’arrangera pas le marché en cette fin d’année.
 
Rappelons que le 27 juin 2017, une Charte de bonne conduite a été signée entre différents acteurs de la vente en ligne (et physique) et le ministère de la Culture. Cette dernière vise à mieux encadrer la vente de livres sur la toile, et de ne pas opposer ni concurrencer les offres de livres neufs en proposant des livres qui seraient présentés comme neufs, sans pour autant l’être. 

Reste que si la vente d’occasion fait un bond durant cette période de fêtes, on sait à peu près à qui profiteront les dépenses — et qui en sera privé
 

Des auteurs et des livres et des lecteurs


Depuis des années, les associations d’auteurs demandent qu’un prélèvement sur les ventes de ces livres d’occasion soit instauré par l’État. Marie Sellier, présidente de la Société des Gens de Lettres l’avait à plusieurs fois indiqué : « Même prélever un pouillème permettrait de constituer un trésor de guerre pour financer la sécurité sociale. »

Selon les données d’une étude GfK, portant sur l’année 2016, le marché du livre d’occasion représenterait 45,7 millions d’ouvrages vendus — soit 13 % du marché du livre en volume à cette époque. 

Si l’on remonte encore un peu, en 2015, 11 % des Français avaient acheté au moins un livre d’occasion, contre 10 % en 2014. Ces données, fournies par le ministère de la Culture dans le cadre de l’Observatoire de l’économie du livre, font apparaître que la tendance va croissant. En 2016, elle concernait 11,5 % des Français et 12 % en 2017.

De quoi contraster avec les propos que tenait Richard Dubois auprès de ActuaLitté : le directeur commercial de Gibert Joseph affirmait que le livre d’occasion n’était « pas nécessairement une manne ». À moins que d'autres acteurs ne profitent en réalité de ce marché, manifestement en pleine croissance. 


Commentaires
Desole mais il n'existe pas de fonction de priceminister en France, nous nous contentons d'un Premier Ministre
Il y a peut-être une raison supplémentaire : la médiocrité de l'édition actuelle, les éditeurs éditent à tour de bras, en espérant que quelque chose se détachera de la masse. Alors quand on a acheté ou reçu en cadeau le dernier nanar encensé par la critique, qui vous tombe des pognes à la 3e page, on essaye de limiter les dégâts. Pour ma part je suis un fervent acheteur de livres d'occasion car je ne lis que peu de livres de moins de 50 ans. Pour les livres récents, j'attends que des amis me les recommandent. N'oublions pas le site Livre-rare-book, dans lequel il n'y a que des pros.
Je trouve pas Amazon au taquet sur le livre d'occasion, jamais acheté du Amazon en occaz le plus souvent c’était du Momox (et c'est souvent mieux de passer par leur site que sur le marketplace d'Amazon et ses 2,99€ par livre) et ça sans parler des escrocs qui vendent le livre d'occaz 2-4-5 fois le prix du neuf ou à tarif neuf mais FDP de dingue 20 à 50€.

Pour moi Amazon n'est vraiment pas la plateforme pour l'occaz, c'est plutôt Priceminister, Momox ou même eBay ; et encore faut se méfier (l'occaz plus cher y est légion).
Ras le bol des "taxes"...Qui a vu une taxe ne pas augmenter? Même un "pouillième" finira pas augmenter et devenir un dû, surtout que les éditeurs vont vouloir leur part du gateau, donc le "pouillième", hein, il devra être déjà conséquent à la base...Le auteurs acceptent déjà des "pouillièmes" de la part des éditeurs comme simple rémunération, surtout sur les ebooks. Qu'ils s'attaquent à ce serpent de mer et exigent un ou deux "pouillième" de plus sur leur contrat et ce sera déjà bien. (Gros éditeurs évidemment, il existe des petits éditeurs respectueux de leurs auteurs, mais ils sont perdu dans la masse et peu visibles)

Le système est déjà bancal, ce n'est pas encore au lecteur de payer les pots cassés. Personne ne demande un droit intellectuel sur une voiture vendue d'occasion, alors arrêtez de nous casser les pieds avec la revente d'occasion de livres.

Le livre neuf est tellement cher qu'il constitue le cadeau "de luxe" du pauvre, vite revendu car eventuellement lu (ou pas) et après...Le livre d'occasion est une necessité pour les grands lecteurs et ce, bien avant internet. Le prix aurait été adapté pour qu'il soit un objet courant, et pas un cadeau, et les ventes auraient augmentées. Là, c'est sûr, c'est un peu tard. Entre les livres d'occasion, le numérique, le partage, le manque de place et la baisse du pouvoir d'achet des gens, l'habitude d'acheter du neuf est en train de disparaître à mon avis.

Sinon, entièrement d'accord avec le commentaire de Thoral.
La solution française à tous les problèmes : et si on créait une taxe ? Une taxe indolore (elles sont toujours "indolores" les taxes) qui toucherait les autres. D'ailleurs le marché du livre d'occasion est tellement florissant que la plupart des bouquinistes ont disparu (sans doute après avoir fait fortune) et que les associations comme Emmaüs refusent de plus en plus souvent les livres...
Le marché de l'occasion a toujours existé, et s'il se développe, c'est parce que le pouvoir d'achat est en baisse. Pourquoi "encadrer" ce marché, davantage que celui des CD, des DVD, du matériel de puériculture, voire des vêtements, sans parler des voitures. Sans l'occasion, les brocantes et autres vides greniers, beaucoup ne s'en sortiraient pas, qu'ils soient vendeurs ou acheteurs.
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