Les frontières se brouillent entre littérature et livres pour adolescents

Clément Solym - 20.04.2011

Edition - Société - littérature - adolescent - collection


On garde tous, au fond de soi, l’image de l’enfant que l’on a été. Et, les livres qui ont bercé nos jeunes années se retrouvent rarement dans un réduit poussiéreux. On aime à les consulter. Les livres qui marquent sont ceux qu’on lit adolescent. Avec le succès phénoménal qu’ont connu ces derniers temps des sagas comme Harry Potter ou bien Twilight, la frontière entre les générations de lecteurs tend à s’amenuiser.

On croise dans le métro des trentenaires arborant fièrement de nouvelles parutions destinées, au départ, à un public adolescent. Et, même l’Ecole Normale Supérieure, l’élite s’il en est, n’hésite plus à organiser un colloque autour de Buffy contre les vampires. La célèbre série américaine créée par Joss Whedon a, en effet, connu, entre autres déclinaisons, une version romanesque. Une occasion de plus pour se pencher sur le succès incontesté de cette nouvelle veine littéraire.


A l’origine de ce phénomène, on retrouve certainement Harry Potter. Souvenez-vous, à cette époque, ces livres, au départ destinés à un public plutôt jeune, ont séduit les masses. Et, dépassé trente ans, il était encore possible de croiser des lecteurs de J.K. Rowling. Les trentenaires prennent sans doute un malin plaisir à s’arroger le droit de continuer de s’immerger dans un univers imaginaire dépaysant, bien loin d’un quotidien plutôt gris et pluvieux…

Les éditeurs ne s’y trompent plus qui adaptent progressivement, en suivant le phénomène, l’esthétique des couvertures de leurs publications. Le Livre de poche jeunesse a même créé, pour l’occasion, une collection Jeunes adultes. Autant dire, la fin des frontières.


Il faut dire aussi que la littérature destinée à présent aux adolescents n’a plus grand-chose de mielleux. On y parle de tout et sans aucun tabou. Le sexe, la mort, les grandes questions de société traversent de façon insidieuse les nouvelles publications venues, majoritairement de l’étranger, pour ne pas dire des Etats-Unis.

Il ne s’agit plus simplement de dépayser le lecteur en lui offrant un monde teinté de rose. Non, le lecteur est désormais capable de se plonger dans un univers en perdition où des valeurs poussées à l’extrême vont pouvoir permettre l’émergence renouvelée d’un état de bonheur. Alors, n’hésitez plus ! Pillez abondamment les collections de vos grands enfants et osez vous aventurer dans les rayons dédiés aux adolescents !