Les funérailles de Bernard Giraudeau, à l'église Saint Eustache

Clément Solym - 23.07.2010

Edition - Société - funerailles - bernard - giraudeau


C'est aujourd'hui que se sont déroulées les funérailles de Bernard Giraudeau, le comédien et écrivain français décédé voilà presque une semaine maintenant. En présence de ministres de la Culture, Frédéric Mitterrand et Jack Lang, ainsi que de Lionel Jospin ou Bertrand Delanoë, le romancier aura eu droit aux honneurs militaires.

Ce vestige de l'engagement militaire, Bernard Giraudeau s'était engagé dans la marine, fut suivi d'un concert d'applaudissements, tradition du monde du spectacle.

Interrogé par l'AFP, le père Gilles Masson, qui dirigea l'office, explique : « La famille a choisi un simple hommage et non une messe. Bernard Giraudeau que j'ai accompagné ces deux dernières années avait une démarche spirituelle, mais non confessionnelle. »

Évidemment, plusieurs personnalités, comédiens, acteurs, mais également écrivain, comme Yann Queffellec, se sont retrouvées pour les funérailles qui eurent lieu à l'église Saint Eustache, dans le 1er arrondissement.

C'est à cette occasion qu'Anny Duperey lut une prière amérindienne : « Ne pleurez pas en pensant à moi. Soyez reconnaissants pour les belles années vécues ensemble. Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin ». Les cendres de l'auteur devraient être déversées dans l'Atlantique.

En hommage, l'éditrice, Anne-Marie Métailié nous avait fait parvenir un texte, qui lui semblait parler le mieux de Bernard Giraudeau, tiré de son dernier livre, Cher amour. (à télécharger à cette adresse)

ARRÊT DE JEU

Je vais apprendre à avoir froid.
J’ai lu la comédie et j’ai vécu le drame
Ce qui reste de moi, je ne le sais plus bien,
Vous seul pourrez, seigneur, reconnaître mon âme
Dans tous ces corps d’emprunt qui se sont faits le mien.

Les rôles que nous jouons sont de papier. Nous chiffonnons l’un pour défroisser l’autre. Nous sommes des don Quichotte émerveillés, livrant bataille à l’ennui. Nous guerroyons sur toutes les scènes, archers fidèles, mots tirés aux coeurs des spectateurs, mots fléchés que l’on aime. Nos personnages sont immortels, mais nous sommes plus fragiles que la soie de leur costume.