Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

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Les garçons lisent plus ces dernières années, et voudraient lire plus encore

Cécile Mazin - 30.01.2017

Edition - International - garçons lecture livres - lecteurs enfants croissance - non fiction garçons lecture


Entre 2010 et 2016, les analystes de GfK ont observé un changement dans les comportements de lecture. Les garçons, dont on ne cesse de répéter qu’ils ne lisent pas, auraient fait mentir les statistiques. Le nombre de lecteurs est en hausse de 22 % sur cette période, chez les 9-12 ans...

 

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tiffany terry, CC BY 2.0

 

 

Les études de GfK, menées chaque mois auprès des panels de 4500 à 6000 acheteurs de livres américains, sont formelles, et Jo Henry, de Nielsen Book, le confirme. On assiste durant cette période à une croissance régulière des achats pour les garçons de cette tranche d’âge. Et même auprès des 13 ans et plus, la courbe ascendante serait visible.

 

Pour mieux comprendre, Nielsen s’est appliqué à cerner les catégories ciblées : les garçons visent plutôt de la non fiction (19 % contre 15 % des filles de 9/12 ans), mais moins de fiction Young Adult (19 % contre 26 % pour les filles). Quelque chose à voir avec l'attitude cool, probablement.

 

L’incidence des publicités dans les librairies est cruciale, aussi Jo Henry insiste sur la collaboration étroite entre libraires et éditeurs pour attirer l’attention des enfants. « Dans l’ensemble, les catégories essentielles pour les garçons de 9/12 ans sont celles des livres en série – et plus encore que pour les filles – soit 51 % de leurs achats. Le Young Adult, en revanche, n’est pas encore aussi primordial », assure-t-elle.

 

Plus spécifiquement, dans la fiction, les garçons américains plébiscitent l’action, l’aventure, les mystères, mais également fantasy, magie, science-fiction et horreur. Deux grands types de littérature, qui représentent 38 % des lecteurs des garçons contre 31 % pour les filles.

 

Chose stimulante : les garçons sont prêts à lire. Plus de 50 % d’entre eux assurent que des livres plus intéressants les encourageraient à lire plus. Autrement dit, si le marché du livre est celui de l’offre, la demande formulée ne trouve pas suffisamment son compte. 

 

Enfin, l’analyste met l’accent sur l’incidence que les influenceurs peuvent avoir sur cette tranche d’âge. Selon les données du cabinet, les garçons sont en effet en attente et se procurent les livres eux-mêmes. Si l’on appuie sur les bons boutons, en somme...

 

De quoi faire comprendre que les efforts marketing sont loin d’être inutiles s’ils se développent tout au long de l’année – et pas uniquement sur les périodes de Thanksgiving ou des fêtes de fin d’année. À ce titre, il ne faut pas particulièrement cibler les parents comme acheteurs, mais plutôt les enfants eux-mêmes.

 

Déjà qu'ils lisent peu et mal, les garçons sautent en plus des pages 

 

La présence web sera déterminante, et suivant les moyens, la publicité sur lieu de vente ou encore la présence à la télévision – dans des émissions populaires ou sous la forme de spot. Mais là...

 

Dans une étude présentée par le Centre national du livre en juin 2016, il apparaissait qu’en France, les jeunes – 7 à 19 ans – se déclaraient plutôt lecteurs. Mais les motifs de distraction sont nombreux – télévision, internet, etc. susceptibles de les détourner des livres.

 

Reste que, selon Nielsen, les garçons américains lisent donc plus, et qu’il ne manquerait pas grand-chose pour qu’ils lisent encore plus...

 

 

via Publishing Perspectives