Les grainothèques dans l'illégalité en Pennsylvanie

Clémence Chouvelon - 11.03.2015

Edition - Bibliothèques - partage de graines bibliothèques - Pennsylvanie Etats-Unis - grainothèques


À l'heure où les citoyens américains montrent un intérêt croissant pour l'origine de leur nourriture, le service de partage de graines en bibliothèque est devenu une véritable tendance sur l'ensemble du territoire américain, avec plus de 300 lieux proposant cette activité. Mais en Pennsylvanie, la bibliothèque Joseph T. Simpson s'est vue dans l'illégalité pour avoir organisé un de ces partages de semences.

 

 

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« Seed Library » (grainothèque), à Tuscon, dans l'Arizona (Mike Linksvayer, CC BY 2.0)

 

 

Les bibliothécaires de la Joseph T. Simpson Library ne s'attendaient pas à enfreindre la loi lorsqu'ils ont organisé leur « grainothèque » pour célébrer le Earth Day 2014. En juin de la même année, ils ont été contactés par le département de l'Agriculture de Pennsylvanie, les informant que leur évènement allait à l'encontre de la loi de 2004 qui régule la vente et la distribution de graines.

 

« Être un point de collecte et de distribution au public pose deux problèmes : l'étiquetage et la labellisation » a déclaré John Zook, responsable de la gestion des graines au département de l'Agriculture de Pennsylvanie. La loi pennsylvanienne interdit en effet de vendre des graines dont le pourcentage de germes, potentiellement toxiques, n'a pas été testé, ou qui n'ont pas été convenablement étiquetées. Même si la bibliothèque proposait ces graines gratuitement, il lui aurait fallu obtenir une licence.

 

Un point de vue du gouvernement que les bibliothécaires du pays considèrent comme exagéré. Différentes actions ont été lancées pour défendre les « grainothèques » du pays, et remportent un certain succès. Le conseil municipal de la ville de Duluth, dans le Nord des États-Unis, a voté à l'unanimité pour défendre ces partages, et une campagne a été lancée par des activistes de plusieurs états comme la Pennsylvanie ou le Wisconsin. 

 

Le but de ces actions est de considérer le service comme un partage entre particuliers et non comme une vente, ce qui permettrait à ces grainothèques de ne pas être concernés par la loi de 2004.