les grands éditeurs américains refusent la bibliothèque pour Kindle

Clément Solym - 04.11.2011

Edition - Bibliothèques - Amazon Prime - bibliothèque - inquietude


Hier, l'annonce fait voler en éclat un peu plus la chaîne du livre aux États-Unis : Amazon, après avoir imposé aux bibliothèques étasuniennes de proposer le format Kindle dans le téléchargement d'ouvrages en prêt, ouvre désormais sa propre bibliothèque. Un écosystème qui se referme un peu plus, et achève de boucler la boucle.


L'offre est encore rudimentaire, et relativement limitée : un ouvrage par mois, et quelque 5000 titres disponibles dans le cadre de ce programme, qui est accessible pour l'heure uniquement aux possesseurs d'un Kindle. Mais en attendant que les différentes applications soient mise à jour, évidemment. (voir notre actualitté)

 

D'ailleurs, seuls les clients Amazon Prime peuvent profiter de cette nouvelle bibliothèque - et il faut avoir payé 79 $ par an pour compter dans ce club de plusieurs millions d'utilisateurs.

 

 

Mais les six grandes maisons d'édition principales ont refusé massivement de prendre part à ce projet - chose qui n'est pas vraiment étonnante. En effet, on connaît les réticences que HarperCollins avait pu émettre vis-à-vis du prêt de livres numériques dans les bibliothèques publiques des États-Unis. Alors, intégrer celle d'Amazon... 

 

Le principal problème reste le modèle économique de ce projet. Même si les utilisateurs ne peuvent profiter que d'un seul livre par mois, durant le temps qu'ils souhaitent, pour les éditeurs, le prêt dans ces conditions impacterait immanquablement les ventes.

 

Ce qui est étonnant, c'est que l'on retrouve bien dans la liste des oeuvres présentées pour le prêt, des titres qui appartiennent à la sélection des best-sellers du New York Times.

 

La politique de prêt de livres numériques en bibliothèque reste parmi les plus grandes questions du devenir de l'édition. Si le modèle est opérationnel pour les ouvrages papier, l'environnement numérique pose toujours de multiples problèmes

 

Pourtant, depuis que les bibliothèques publiques proposent le prêt d'ebooks en format Kindle, l'établissement de Seattle a constaté une hausse de 32 % des prêts en l'espace d'un mois. Le directeur de l'établissement, Kirk Blankenship, n'est lui pas inquiet : les personnes qui empruntent des livres en bibliothèque ne sont pas forcément en mesure de payer les 79 $ réclamés par Amazon pour son programme Prime.