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Les héritiers de Thierry Le Luron déboutés pour raisons de procédure

Julien Helmlinger - 30.09.2013

Edition - Justice - Justice - Diffamation - Thierry Le Luron


Courant 2012, les héritiers de l'humoriste ont engagé des poursuites en diffamation à l'encontre de Jacques Pessis, Philippe Vandel, Radio France, Nouvel Obs et France Dimanche. Ces derniers se trouvaient accusés d'avoir diffamé la mémoire de Thierry Le Luron, décédé à l'âge de 34 ans en 1986. Tandis que la plainte reprochait au journaliste et biographe d'avoir affirmé que l'humoriste avait caché son sida pour une question d'assurance-vie, elle a finalement été déboutée par la justice, ce 25 septembre, au motif de procédure abusive. 

 

 

 

 

 

Lorsqu'en février 2012 Jacques Pessis accordait une interview à Philippe Vandel, dans le cadre de l'émission Tout et son contraire, programmée sur France Info, il avait déclaré : « Thierry Le Luron était un grand ami... En réalité, il est mort du sida, il le savait d'ailleurs lui-même, mais il y a une raison : c'est-à-dire qu'il avait une assurance-vie et des dettes. Et si on avait dit qu'il était mort du sida, ses parents n'auraient pas touché l'assurance. »

 

La famille de Thierry Le Luron était alors montée au créneau en intentant une action en justice pour diffamation, réclamant 300.000 euros de dommages et intérêts. Une plainte déposée par le père de l'imitateur et reprise par le frère et la soeur de Thierry à la mort du paternel. Le 26 juin dernier, au cours d'une audience devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, l'avocat des plaignants, François Cantier, affirmait notamment que les parents de l'artiste décédé n'ont jamais touché d'assurance-vie.

 

Jeudi dernier, les juges ont finalement déclaré nulles les poursuites engagées à l'encontre de Jacques Pessis, Philippe Vandel, Radio France, mais aussi Le Nouvel Observateur et France Dimanche qui avaient repris les propos du journaliste. La nullité de l'action prononcée, le tribunal n'a pas eu à statuer sur le fond du dossier, mais a rejeté les demandes de prévenus pour procédure abusive.

 

La loi française prévoit, pour que la diffamation à la mémoire d'une personne décédée soit constituée, que doit être établie « l'intention de porter atteinte à l'honneur ou à la considération des héritiers, époux ou légataires universels vivants ». Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, arguant qu'à aucun moment il n'était dit que les parents Le Luron étaient au courant des faits allégués par Jacques Pessis. Avis partagé par le parquet.

 

Contacté par Le Figaro après le verdict, le journaliste s'est dit « ravi de le découvrir. Je me réjouis de cette décision de justice, car je n'ai jamais cherché à diffamer la mémoire de Thierry Le Luron. »

 

Au début de l'année, Martine Simon-Le Luron a rendu hommage à son frère par le biais de son livre intitulé La vie est si courte, après tout (Retrouvailles avec Thierry). Elle revenait sur la personnalité de l'humoriste aussi excessif que talentueux et évoquait pour la première fois le nom de la maladie qui l'a emporté.