Les intellectuels en soutien à Nicolas Sarkozy : le moment de vérité

Clément Solym - 06.05.2012

Edition - Société - intellectuels - présidentielle - ormesson


On compte dans les signataires des noms assez classiques de la droite, ou d'une certaine image de la droite. Ils sont ainsi une vingtaine d'intellectuels - encore qu'y classer Depardieu semble compliqué - à venir apporter, in exrtremis, leur soutien au président sortant. 

 

Éliette Abécassis, Bernard Fixot, ou encore Anne Goscinny, Valérie-Anne Giscard d'Estaing, Jean d'Ormesson, et d'autres - Lelouch, Nadine Trintignant ou Charles Aznavour, viennent donc au secours de Nicolas Sarkozy, frappé de toutes parts dans la presse, Marianne en tête de liste, qui avait évoqué « La honte de la Ve République ». 

 

Tiens, même Dominique Farrugia, l'ancien des Nuls, en fait partie. Humour noir ? Manifestement pas...

 

« Avec de tels propos, on sort de l'affrontement démocratique pour désigner à la vindicte non plus un adversaire politique à défaire, mais un ennemi - à abattre. Chose peu banale, il se trouve que cet ennemi n'est autre que le président de la République. L'homme qu'une majorité de Français a élu il y a cinq ans pour conduire les destinées du pays. L'homme qui a été choisi par nos compatriotes comme l'un des deux protagonistes du second tour de l'élection présidentielle dimanche prochain », dénoncent les signataires.


Sarkozix, trois tomes déjà

 

Effrayés par une telle absence de démocratie, ils tentent de justifier l'injustifiable : « Même le comportement parfois impétueux de Nicolas Sarkozy ne peut servir de circonstance atténuante. » Passons, et passons très vite.

 

Selon les signataires, c'est aux médias qu'il faudrait d'ailleurs s'en prendre, incapables qu'ils sont de conserver leur position objective - mais personne ne citera le Figaro, devenu le porte-voix officiel du gouvernement et des déclarations de Sarko...

 

Mais les intellectuels tentent surtout de défendre l'indéfendable, en évoquant les critiques adressées au président, sur son niveau culturel, passablement égratigné depuis l'affaire de la Princesse de Clèves. 

 

Chroniques du règne de Nicolas 1er, de Rambaud, en BD

 

« Et quant à son inculture prétendue, elle dissimule une grande curiosité pour tout ce qui a trait à la création et au patrimoine. Surtout, elle ne l'a pas empêché, au beau milieu d'une crise budgétaire sans équivalent depuis les années 30, d'être le seul dirigeant occidental à accroître de plus d'un cinquième les moyens du ministère de la Culture. »

 

On pourra en prendre connaissance plus amplement à cette adresse, et s'en aller voter sereinement, assuré que la seule chose qui dérange, ce sont les luxes et conforts aménagés durant ces cinq dernières années, pour les amis du président. Et pour ne rester que dans le seul secteur de l'édition, difficile de dire que le président a manifesté le moindre intérêt pour les éditeurs, les libraires, les lecteurs et les auteurs, au cours de ces cinq dernières années. 

 

Hausse de la TVA en ligne de mire, et autres législations pour le moins absurdes mises en place. Quant au Salon du livre de Paris, pourtant lieu important du calendrier éditorial, il n'y aura jamais mis les pieds. Une preuve de son affection pour les livres ?

 

Complexé, notre Zorro ?