Les jurés Goncourt piaffent : le gouvernement a un mois pour rouvrir les commerces

Clément Solym - 10.11.2020

Edition - Economie - réouverture librairies COVID19 - confinement commerces fermeture - prix Goncourt lauréat


Les jurés des prix Goncourt et Renaudot avaient, en soutien aux librairies, reporté leurs annonces de lauréats. Mais depuis le 29 octobre qu’a recommencé le confinement en France, les chiffres de propagation sont encore loin des attentes. Depuis l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, président du groupe LREM, vient d’ailleurs de saper le moral de tout le monde.

Prix Goncourt 2016
 

Ainsi que l’expliquait le président de l’Académie Goncourt, Didier Decoin, les jurés retiennent leur lauréat 2020 encore et encore. Au micro de Europe 1, il explique qu’il « faudra décerner le prix pour que les libraires puissent vendre ce livre ». Et avec la perspective de 350.000 exemplaires écoulés, le Saint Graal des prix littéraires est particulièrement convoité.
 

Des prix en attente


Pour l’heure, aucune date n’est annoncée, et seuls les prix Fémina et Médicis ont décerné leur récompense – laissant les auteurs élus quelque peu dépités. C’est que cette ouverture sous contrainte des librairies pose de sérieux problèmes. Le Clique & Rapplique permet de maintenir des ventes – certains libraires parisiens parlent aujourd’hui de plus de 70 % de chiffre d’affaires effectué. 
 
Mais l’engouement des lecteurs en librairie est encore loin. Et pour Didier Decoin, la perspective, ou date butoir, sera le 10 décembre, afin de laisser « au gouvernement la possibilité de rouvrir les librairies ». Un mois tout juste, donc, pour que les libraires reprennent une vie normale – certainement avec de nouvelles mesures sanitaires.

Jean-Yves Mollier, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, détaillait dans nos colonnes ce nouveau calendrier des prix

« Envisageons un confinement moyen, de 8 semaines : cela nous entraînerait autour du 20 décembre. À ce moment, les familles sortiraient pour des achats de bouche – dinde, huîtres, chacun selon ses moyens. Le livre ne sera, de toute évidence, plus du tout essentiel. » Et toute annonce passerait totalement au-dessus des intérêts du public.

Pire encore : une projection à 13 semaines, qui nous entraînerait fin janvier, rendrait les prix caducs. « Les jurés pourront toujours se réunir, la saisonnalité aura été manquée, les librairies n’auront pas effectué les habituelles ventes de fin d’année… » Ce serait une sorte de catastrophe programmée…

Dans tous les cas, et à date, ce 10 novembre, la perspective d’une réouverture annoncée par le Premier ministre ne semble pas à l’ordre du jour. Et le président à l’Assemblée de La République en Marche, s’il n’est pas en responsabilité, considère que l’intervention de Jean Castex ne fera pas d’heureux.
 

Statu quo ces 48 prochaines heures


La réouverture au 1er décembre resterait la perspective parce qu’aujourd’hui « ça n'est pas le cas, le frémissement dont on parle n'est pas suffisant, il faut que le nombre de cas baisse de façon beaucoup plus significative », rapporte l’AFP.

D’ailleurs, un autre cadre de la majorité assure que « ce n'est pas trahir de grand secret que de dire qu'il est très peu probable que le 12 novembre la situation soit allégée ». Les commerces devront donc prendre patience, et les librairies avec eux…

Rester fermés, « c'est injuste parce que les commerçants ont pris toutes les mesures de protection sanitaire, mais il faut éviter (...) qu'on aille en ville et faire les courses », conclut Christophe Castaner. Mais pour l’heure, rester chez soi demeure l’unique option. 

Pourtant, Bruno Le Maire, au cours du week-end, visait bien une réouverture « dès que la situation sanitaire le permettra. Cela ne pourra cependant s'envisager qu'avec de nouvelles règles sanitaires ». 

Il doit encore présenter de nouvelles mesures, que Matignon et l’Élysée examineront prochainement. Pour l’heure, Bercy envisage des jauges d’accueil renforcées – au-delà, donc, de 4 m2 par client. Mais également des prises de rendez-vous pour se rendre sur place. « Et les protocoles sanitaires devront être plus stricts », assurait Le Maire. 

crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Finalement, si je résume bien votre article, le livre n'est qu'un bête produit de consommation, absolument pas essentiel. C'est un objet marketing que l'on façonne afin que les consommateurs l'achètent au bon moment.

Tout ça donne du sens à la fermeture des rayons soi-disant littéraires tongue laugh
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