Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les lecteurs de bandes dessinées, comics et mangas sauveront la librairie

Antoine Oury - 28.06.2017

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Bandes dessinées, comics ou mangas ont souvent été ignorés ou méprisés, selon les époques. Mais tout cela a bien changé, et il est désormais indispensable de leur donner une place légitime dans les librairies. D'autant plus que les lecteurs de ces ouvrages sont ceux qui feront vivre la librairie indépendante de demain, révèlent des éléments d'une étude GfK.

 
Stray Dog - Livre Paris 2016
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

L'institut d'étude de marché GfK, pour le Syndicat national de l'édition, a consulté un panel consommateur de 15 000 personnes, représentatives de la population française, et un panel distributeur des sorties caisse de 5 000 points de vente. Les résultats permettent de dessiner les profils des acheteurs de bandes dessinées, de mangas et de comics au sein de la population française.

 

L'acheteur de bandes dessinées, comics et mangas est plus jeune, en moyenne, que l'acheteur de livres : il a respectivement 40,7 ans, 33,6 et 33,8 ans en moyenne, contre 42,5 ans pour les acheteurs de livres, signale l'étude de GfK.

 

Ces acheteurs sont assez enclins à dépenser beaucoup en librairie : s'ils se rendent volontiers en grande surface culturelle, c'est à la librairie qu'ils réservent leur budget le plus important (59 € par an) ainsi que le plus grand nombre d'achats (3,2 exemplaires). Le poids de la BD, du manga et des comics dans le chiffre d'affaires des librairies passe de 9 % en 2007 à 15 % en 2016, la plus forte hausse pour le circuit. De même, le poids de ce segment éditorial se renforce pour les grandes surfaces culturelles et internet.

 

Sur un simple plan commercial, bandes dessinées, mangas et comics ont donc tendance à devenir incontournables dans le chiffre d'affaires des libraires, face à l'érosion d'autres domaines, comme les beaux-arts ou les sciences humaines et sociales. 

 

Mais l'étude de GfK révèle d'autres éléments qui font aller plus loin : 97 % des acheteurs de BD, mangas ou comics achètent des livres en dehors du rayon BD, signale GfK, qui précise que 76 % des acheteurs de BD, mangas ou comics achètent d'autres titres littéraires, de littérature adulte ou jeunesse. En moyenne, l'acheteur de BD est même plus dépensier en librairie que celui de littérature générale : il achète 19 livres, tous segments (dont 5 BD, mangas comics), par an, contre 14 pour l'acheteur de littérature générale (dont 5 BD, mangas, comics). Soulignons aussi que les acheteurs de lecture jeunesse se débrouillent bien, avec 20 livres achetés par an, dont 4 BD, mangas, comics.

 

Prêt à dépenser plus, l'acheteur de BD, comics ou mangas consacre un budget plus important que la moyenne de la population française aux livres, et c'est aux libraires indépendants de tirer leur carte du jeu. Pour ce faire, l'offre BD doit être variée, avec l'accent mis sur les catégories éditoriales qui ont le vent en poupe : comics et mangas, donc, et, pour la BD, le roman graphique, la fiction contemporaine et la non-fiction.

 

En règle générale, l'acheteur BD sait ce qu'il vient acheter en librairie, mais est tout à fait disposé à repartir avec un ouvrage supplémentaire : le rôle du prescripteur du libraire sera de nouveau central. Si l'acheteur apprécie tout particulièrement un auteur ou une série, c'est encore mieux : lui mettre de côté un exemplaire et lui signaler lorsque celui-ci est disponible devrait le convaincre qu'il vaut mieux acheter son manga favori en librairie qu'au Carrefour du coin...
 

Qui achète ses bandes dessinées, mangas et comics en librairie ?

 

Inutile de tergiverser : le lecteur de comics, de mangas ou de bandes dessinées d'aujourd'hui est le client de demain, pour la librairie.