Les lecteurs de Toulouse, véritables sauveurs de la librairie Privat

Cécile Mazin - 19.10.2013

Edition - Librairies - librairie Privat - Benoît Bougerol - Toulouse


À Toulouse, la reprise de la librairie Privat par Benoît Bougerol, propriétaire de La maison du livre à Rodez a été largement saluée. Appartenant au groupe Chapitre, l'établissement est passé le 1er octobre dans les mains du libraire, particulièrement attaché à la ville. 

 

 

 

 

Privat, cela représentait 600.000 € de pertes sur trois mois, du fait de la structure, et d'une baisse de 30 % du chiffre d'affaires. Mais la librairie a les moyens de doubler son chiffre d'affaires assure Benoît Bougerol : « Si l'on regarde bien, on se rend compte de manière très nette que c'est à partir de 2010 que la librairie est entrée dans une période de crise. De plus, les deux tiers du déficit étaient générés par les frais de fonctionnement du groupe. Nous partons donc avec simplement un tiers du déficit à couvrir. »

 

Pour maintenir la société, il faut parvenir à une courbe de progression de 20 %, et d'ici à deux ans, il escompte passer le chiffre d'affaires à 30 %. Au début de l'année prochaine, le local science et médecine sera revendu, pour n'avoir plus qu'un seul et unique lieu à gérer. Et Privat a bénéficié immédiatement de 150.000 € d'investissement réalisés avec les associés de Benoît Bougerol, dans la modernisation des outils informatiques, mais également dans le renouvellement du fonds de livres proposés. 

 

Voilà quinze jours maintenant que la librairie a rouvert, et son patron se défend d'être réellement le sauveur des lieux, car « les vrais sauveurs de la librairie seront les clients eux-mêmes ». Et c'est vers les lecteurs que l'établissement doit maintenant se tourner ; parvenir à « mériter le retour des clients » est l'un des objectifs. 

 

Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Toulouse explique : « Une entreprise comme la librairie Privat est avant tout un lieu de vie, un facteur de lien social, estime le président de la CCI de Toulouse. Quand un commerce de proximité ferme ses portes, c'est toute une vie qui s'en va. Et c'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit d'un lieu de culture. »

 

Et pour Benoît Bougerol, président au commerce de la CCI, c'est à la passion de parler, désormais. Libraire, c'est « un métier de passion, qu'on ne peut pas centraliser et dont le rayonnement ne se mesure pas au seul chiffre d'affaires. Même un ordinateur ne remplacera jamais la diversité et les regards que propose une table de librairie sur les livres et la littérature ».