Les lettres d'Isaiah Berlin relèvent les inquiétudes du philosophe

Lauren Muyumba - 17.06.2013

Edition - International - Isaiah Berlin - Philosophe - Libéral


Les lettres écrites par le philosophe anglais d'origine russe Isaiah Berlin, vont être publiées pour la première fois selon The Guardian. Décédé en 1997, il a été un intellectuel connu pour ses théories politiques et sociales. Le recueil réunit ses commentaires exprimant sa vision de la situation mondiale. Asiaih Berlin y défend différentes causes, expose diverses critiques et se réfère à de nombreux écrivains, musiciens et politiciens. 

 

Isaiah Berlin for PIFAL

 

Arturo Espinosa_CC BY 2.0

 

Le recueil sera publié par Chatto & Windus le 4 juillet 2013. Dans ses lettres on retrouve sa fervente critique du totalitarisme et sa pensée libérale. Dans ce recueil de 680 pages intitulé Isaiah Berlin : Building-Letters 1960-1975, il est aisé de lire entre les lignes son intérêt pour la lecture et l'écriture d'essais qui explorent des idées philosophiques et politiques sur le potentiel humain.

 

Il écrivit « L'égalité est un noble idéal... mais quand le désire d'une justice sociale prend la forme d'un ressentiment, cela conduit à la répression ».


Couvrant une période mouvementée, en pleine guerre froide, pendant la gouvernance américaine de John F. Kennedy et Richard Nixon, les lettres s'inscrivent dans un contexte chargé d'évènements géopolitiques, tels que la guerre des Six Jours qui constitua un tournant majeur dans l'histoire du Moyen-Orient.


Il fait part de ses inquiétudes à travers ses lettres. Dans l'une d'elles, il exprime sa crainte de voir la jeunesse de son époque, et celle des générations futures, dénuée de tout engagement et de toute envie de se battre pour une cause qui les surpasse : « Les dieux d'hier ont abandonné les jeunes... Nous craignions des choses : la guerre, l'effondrement économique, le totalitarisme. Mais l'ennui est le pire ».


Des craintes, mais pas uniquement vis-à-vis des autres. Peur de lui-même aussi. Il écrit notamment à ses proches qu'il est « inquiet de ne pas écrire des livres, inquiet à propos des livres que j'ai écrits, inquiet de ce que les gens vont en penser et soucieux que d'autres personnes écrivent de bons livres. »


Vénéré par certains, il a été le premier directeur du Wolfson College à l'université d'Oxford, le Président du British Academy pendant quatre ans, a reçu l'Ordre du Mérite en 1971 et le Prix de Jérusalem pour la liberté de l'individu dans la société en 1979. Il est par ailleurs l'auteur de Four Essays on Liberty.