Les lettres de Leonard Bernstein qui font un Mahler

Clément Solym - 28.10.2013

Edition - International - Leonard Bernstein - lettres - édition


L'édition de quelque 60 années de la correspondance du compositeur et chef d'orchestre, Leonard Bernstein, est un véritable événement outre-Atlantique. Et un peu partout dans le monde, tant son influence et ses oeuvres ont été durablement suivies. The Leonard Bernstein Letters, édité par Nigel Simeone tord d'ailleurs le cou à pas mal d'idées reçues...

 

 

Gershwin - Rhapsody in Blue, An American in Paris, - Leonard Bernstein Piano, NY Phil. & Columbia SO, CBS

Leonard Bernstein

Piano Piano!, CC BY 2.0

 

 

 

Non, Berstein n'était pas un dandy dilettante brillant. Toute sa correspondance démontre un travail minutieux, précis - et certes, un talent extraordinaire. Né en 1918 et mort en 1990, le compositeur, au fil des 650 courriers retenus, ne dévoile pas ses sentiments profonds, mais bien sur « sa vie en tant que musicien », précise l'éditeur. 

 

On y retrouve de longs échanges avec des personnalités comme Arthur Miller, Richard Rodgers ou encore Frank Sinatra. Et même un certain Louis Amstrong, qui en 1959, l'appelle « Papa Bernstein ». Il y aura un courrier de félicitations de Jackie Kennedy, en 68, saluant une performance après un concert de Mahler. 

 

Derrière certaines lettres, le génie de l'homme se découvre, comme sur les explications qu'il dut fournir dans les années 50, alors que la chasse aux sorcières communistes faisait rage aux États-Unis. Et Bernstein avait été associé, plus jeune à des groupes alors soupçonnés d'intelligence avec l'ennemi. 

 

On y trouve aussi des traces de son épouse, Félicia, qui reconnut très tôt que son mari avait une certaine préférence pour les hommes. Leur relation n'en sera pas moins étroite et sincère. Ou encore, les échanges avec Jerome Robbins, qui participera à la création de West Side Story, dans une lettre qui dévoile toutes les pressions qui ont pesé sur ce projet.