Algérie : bilan en demi-teinte du SILA, malgré 1,5 million de visiteurs

Nicolas Gary - 10.11.2014

Edition - International - Algérie SILA - salon livre - visiteurs professionnels


À l'occasion du Salon International du livre d'Alger, qui célébrait sa 19e édition, les professionnels du livre ont profité d'un moment de partage autour des difficultés actuellement rencontrées. L'industrie a besoin de solutions, chez les libraires, par exemple, qui souhaitent la mise en place d'une base de données spécifique. Dans le même temps, le Centre national du livre tarde à prendre ses fonctions. 

 

 

 

 

Une base informatique disposant de mises à jour régulières, et qui simplifierait la vie des libraires, apporterait une « solution à la faiblesse du réseau de distribution et de promotion du livre », assuraient les intervenants présents au SILA. L'idée serait alors de disposer d'une solution technique à même de mieux gérer l'approvisionnement en ouvrages, avec pour conséquence de dégager du temps pour l'animation des librairies, et l'accueil des clients. 

 

Le financement de la base serait assuré par un modèle d'abonnement, auquel libraires et éditeurs algériens abonderaient. Et à plus long terme, cette base de données deviendrait tout bonnement une centrale d'achat, fluidifiant les échanges entre libraires et éditeurs, avec de sérieuses économies de temps à la clef. 

 

Mais les libraires ont d'autres attentes, notamment pour ce qui est du Centre national du livre : le président Hassn Bendif a été sollicité pour apporter des réponses sur l'application de la loi de 2013, concernant le marché institutionnel. Les libraires devaient en effet reprendre une partie des budgets disponibles ; pour l'heure, ils n'en ont qu'entendu parler. Le président assure que des rencontres professionnelles et journées d'étude seront mises en place, mi-novembre pour les éditeurs (19 et 20) et début décembre, pour les libraires (les 3 et 4). (voir Le Temps)

 

Son établissement souhaite apporter un appui réel aux libraires, et instaurer un véritable échange, notamment sur les questions d'équipements. Sauf que le CNL algérien a avant tout besoin que les représentants de la profession soient nommés, pour son Conseil d'orientation. Deux places sont réservées aux éditeurs et libraires; or, la nomination des personnes a été ajournée, empêchant le vote du budget de l'établissement public. 

 

Statutairement, sa création, qui remonte à 2009, implique que plusieurs ministères soient présents, avec leurs représentants – ainsi qu'un libraire et un éditeur. Selon le président du Syndicat national des éditeurs algériens, les liens ont été tissés avec le ministère ce la Culture, et que les nominations interviendront désormais sous peu. En nommant les personnes aux postes alloués aux professionnels, le CNL devrait être en mesure de mieux remplir sa mission. (via APPS)

 

Selon les organisateurs, le SILA a accueilli près de 1,5 million de visiteurs, mais avec un bilan qui serait plutôt mitigé. On redoute en effet que la manifestation se change en foire du livre. Puisque l'an prochain, on célébrera le 20e anniversaire du Salon, on demande aux organisateurs de faire en sorte qu'il devienne un rendez-vous en mesure de rivaliser avec les salons internationaux. (via Radio Algérie)